Entry Details
Le podcast du JGP – Étienne Riot, l’urbanité joyeuse
https://www.lejournaldugrandparis.fr/?p=239555
Chercheur en urbanisme, consultant et enseignant, Étienne Riot se plait à casser les codes en favorisant les liens entre la recherche et la pratique urbaines. Après un parcours atypique dans des lieux de pouvoir et des agences d’architecture, il vient de co-fonder Rock, une société de recherche et conseils sur la fabrique urbaine.
<p></p>
<p>Le sourire généreux et le regard pétillant, Étienne Riot a le contact naturel et chaleureux. Non seulement ce chercheur en urbanisme se prête avec une facilité déconcertante au jeu de l’interview, mais il livre ses idées avec simplicité et sans détours. Il faut dire qu’il applique à la lettre la consigne d’un autre chercheur, Alain Faure : « Il faut faire les choses avec joie ». Dès lors Étienne Riot « s’amuse beaucoup » dans la vie. « Il y a suffisamment de problèmes dans le monde pour ne pas essayer de rajouter du drame là où il n’y en a pas », assène-t-il. Mais sans prendre pour autant ses travaux de recherche « à la légère », se décrivant comme « quelqu’un de très laborieux et méticuleux », il estime qu’il « faut porter les choses avec un certain esprit positif ».</p>
<p>Avec le recul de ses 43 ans, le co-fondateur en 2025 de la société de recherche et conseils sur la ville Rock (Research office for city knowledge), qui à 20 ans voulait être député ou maire d’une grande ville, a « conscience d’exercer un métier absolument passionnant ». Étienne Riot a en effet vécu chacune de ses vies professionnelles avec passion. Originaire d’une famille d’agriculteurs de la région nantaise (un métier délaissé par ses parents au profit de la fonction publique territoriale pour son père et l’éducation de ses quatre garçons pour sa mère), le jeune Étienne est un élève studieux. Au lycée à Nantes, ses cours d’histoire, de mathématiques et de physique sont en allemand, « pour ouvrir un peu plus les horizons », justifie-t-il avec cette évidence qui l’anime en permanence. Il intègre ensuite l’Institut d’études politiques de Lille, choisi pour sa spécialité sur les affaires européennes, puis poursuit son cursus en Italie où il étudie les sciences politiques et le droit international. Ce n’est qu’à son arrivée au Celsa, à l’université Paris-Sorbonne, pour y suivre un master en communication des institutions publiques, qu’il découvre l’urbanisme. « Et là, ça a été une révélation », lâche-t-il.</p>
<h2>De Jean-Marc Ayrault à Philippe Chiambaretta</h2>
<p>Afin de lier son attrait pour la chose politique et sa nouvelle passion, retour aux sources pour devenir, en 2005, conseiller technique de Jean-Marc Ayrault, alors député (PS), président de Nantes métropole et maire de Nantes. Aux côtés de Johanna Rolland – actuelle maire PS de Nantes -, tout juste recrutée également comme conseillère technique, il s’initie aux métiers de la décision politique et publique, de la conduite du devenir d’une ville tout en découvrant que la fonction d’élu « n’était peut-être pas vraiment faite pour lui ». Mais sans renier l’engagement politique et surtout le devoir civique, initié par sa famille notamment son père, un des occupants du Larzac durant les années 1970. « Il est très facile de dire qu’on ne s’intéresse pas aux enjeux politiques, mais si on ne s’intéresse pas à la politique, la politique s’intéresse à nous, et donc il est important d’avoir une certaine conscience de ce qui se passe », convient Étienne Riot. Après cette « expérience extrêmement riche humainement et professionnellement » de trois ans, il s’engage dans la recherche au laboratoire Ville, mobilité et transport de l’École des Ponts où il mène une thèse sur l’organisation des grandes gares européennes, à savoir St Pancras à Londres, la gare du Nord à Paris et la gare centrale de Milan. Ce travail porte sur les conséquences de l’ouverture à la concurrence ferroviaire pour l’aménagement et la gestion de ces infrastructures. Il en tire trois enseignements : la gare est une installation essentielle, un actif immobilier et une place marchande. Un travail original qui lui ouvre les portes d’Arep, l’agence d’architecture filiale de Gares & Connexions, où il conduira la recherche appliquée en sciences sociales au sein du Design Lab. Mais, au bout de cinq ans, souhaitant explorer d’autres projets que les gares et surtout « pas en ligne » avec la priorité consacrée à l’agenda post-carbone par Gares & Connexions au détriment de la croissance sur les marchés internationaux, il rejoint PCA-Stream, l’agence de l’architecte Philippe Chiambaretta. Chargé de structurer une équipe de recherche, le docteur en urbanisme porte sur les fonts baptismaux en 2024 la chaire Ville métabolisme (1) qui vise à étudier l’impact des activités métaboliques sur la ville. S’il a beaucoup aimé travailler en agence, ce garçon qui reste très discret sur sa vie personnelle « banale » (lecture, piano, sport) porte aussi « un regard distancé et critique » sur les agences d’architecture pointant « une profession trop réglementée » et traditionnelle. Mais ce qui lui déplait le plus est la place des femmes en architecture, « très loin de la parité ». Rien n’échappe à la sagacité de ce critique sans concession du monde de la fabrique de ville coincé entre continuité et rupture.</p>
<p> </p>
<p>(1) Cofondée par l’université PSL Paris Sciences et Lettres, PCA-Stream, Groupama Immobilier et Artelia.</p>
🏷️ Named Entities
Model:
flair/ner-french