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Municipales : le grand comparatif des programmes face au patronat parisien

ID:
https://www.lejournaldugrandparis.fr/?p=237644
Published Date:
2026-02-07 20:22:04
Updated Date:
2026-02-07 20:22:04
Author:
Jacques Paquier
Category:
75
Downloaded:
✓ Downloaded
at 2026-02-10 19:54:56
Created At:
2026-02-07 21:29:22
Updated At:
2026-02-10 19:54:56
Description:

Vendredi 6 fĂ©vrier, au cinĂ©ma Le Balzac, le patronat parisien (Medef et CPME) auditionnait simultanĂ©ment les six principaux candidats Ă  la mairie de Paris. Face Ă  une salle comble de chefs d'entreprise, Pierre-Yves Bournazel (Horizons, soutenu par Renaissance), Sarah Knafo (ReconquĂȘte), Rachida Dati (LR soutenue par l'UDI et le MoDem), Sophia Chikirou (LFI), Emmanuel GrĂ©goire (PS-Union de la gauche) et Thierry Mariani (RN) se sont succĂ©dĂ© pendant prĂšs de cinq heures pour exposer leur programme. Le journal du Grand Paris passe en revue les propositions des uns et des autres.

Content:

<p>Salle comble vendredi 6 fĂ©vrier au cinĂ©ma Le Balzac (Paris 8ᔉ) pour l&rsquo;audition par le Medef et la CPME Paris des six principaux candidats Ă  la mairie de Paris. L&rsquo;occasion de dresser un comparatif des propositions de chacun sur les diffĂ©rents thĂšmes abordĂ©s, de la concertation des entreprises Ă  la gestion financiĂšre et fiscale de la Ville, en passant par l&rsquo;urbanisme, la propretĂ© ou la sĂ©curitĂ©.</p>
<h2>Concertation avec les milieux patronaux</h2>
<p><strong>Quelle concertation des milieux économiques dans la prise de décision de la municipalité&nbsp;? Tous les candidats, sans surprise, votent pour une association accrue de la société civile, patronat inclus, à l&rsquo;action municipale. </strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> (Horizons, soutenu par Renaissance) propose un «&nbsp;conseil des entrepreneurs&nbsp;», «&nbsp;organe officiel de la ville de Paris&nbsp;», associant élus, administration et acteurs économiques, qui participera aux études d&rsquo;impact avant toute décision majeure, aux expérimentations et à l&rsquo;évaluation des politiques publiques. Il y ajoute des «&nbsp;small business centers&nbsp;», guichets uniques pour simplifier les démarches des entrepreneurs.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> (ReconquĂȘte), qui place le recours Ă  l&rsquo;IA au cƓur de ses propositions, mise sur la technologie avec un «&nbsp;jumeau numĂ©rique de Paris&nbsp;» permettant de simuler les impacts de chaque projet d&rsquo;amĂ©nagement avant sa rĂ©alisation. «&nbsp;J&rsquo;ai Ă©tĂ© la cible de beaucoup d&rsquo;attaques de mes concurrents qui me reprochent d&rsquo;utiliser l&rsquo;intelligence artificielle, notamment lorsque je simule des projets, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Je trouve que c&rsquo;est fabuleux. Ils se rĂ©vĂšlent, ils nous montrent qu&rsquo;ils ne savent pas utiliser l&rsquo;IA, qu&rsquo;ils ne la connaissent pas&nbsp;», a-t-elle dĂ©clarĂ©. La dĂ©putĂ©e europĂ©enne propose un rĂ©fĂ©rendum obligatoire pour tout projet d&rsquo;investissement dĂ©passant 10 millions d&rsquo;euros.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> (LR, soutenue par l&rsquo;UDI et le MoDem) s&rsquo;engage aussi à consulter les représentants des milieux économiques avant les grands programmes d&rsquo;aménagement, en s&rsquo;appuyant sur «&nbsp;les services de la voirie, l&rsquo;expertise de bureaux d&rsquo;études et de la data&nbsp;». Elle critique sévÚrement l&rsquo;absence actuelle de plan de circulation&nbsp;: «&nbsp;On ne ferme pas une rue si on ne connaßt pas le secteur, on ne crée pas une piste cyclable si on ne connaßt pas l&rsquo;activité des abords&nbsp;», a-t-elle martelé.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237685" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-3.jpg"><img alt="" class="wp-image-237685" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-3.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237685">Pierre-Yves Bournazel. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237678" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-10.jpg"><img alt="" class="wp-image-237678" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-10.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237678">Sarah Knafo. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237700" style="width: 552px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-36.jpg"><img alt="" class="wp-image-237700" height="362" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-36.jpg" width="542" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237700">Rachida Dati. © Jgp</p></div>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> (LFI) défend un «&nbsp;Cese parisien» (équivalent du Conseil économique, social et environnemental régional) réunissant patronat, syndicats, associations et élus. Elle veut également revitaliser les conseils de quartier en y intégrant commerçants et entreprises. «&nbsp;Pour que l&rsquo;on discute, qu&rsquo;on analyse ensemble, qu&rsquo;on arrive à se mettre d&rsquo;accord sur des diagnostics.&nbsp;»</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> (Union de la gauche hors LFI) a rappelĂ© en prĂ©ambule qu&rsquo;il s&rsquo;inscrivait dans une sociale-dĂ©mocratie Ă©cologiste, « qui considĂšre que, avant de partager la valeur, encore faut-il en crĂ©er ». « Nous partageons une vision commune sur le nĂ©cessaire effort Ă  fournir pour maintenir l&rsquo;attractivitĂ© de Paris. Je vous le dis, nous mettrons en place une gouvernance qui le permettra, oĂč vous pourrez vous exprimer, oĂč j&rsquo;aurai la mission de vous Ă©couter et de prendre en compte les mesures qui seront celles que vous proposerez », a-t-il dĂ©clarĂ©. Emmanuel GrĂ©goire a dĂ©taillĂ© divers niveaux de gouvernance&nbsp;: un Conseil Ă©conomique, social et environnemental parisien, un conseil d&rsquo;investissement, « pour driver les investissements dans le Grand Paris », des comitĂ©s de filiĂšres sectoriels avec interlocuteur unique de la Ville, et une plateforme numĂ©rique «&nbsp;Paris entreprises&nbsp;» permettant d&rsquo;effectuer l&rsquo;ensemble des dĂ©marches. «&nbsp;Je souhaite mettre en place des Ă©tudes d&rsquo;impact systĂ©matiques avant les grands programmes d&rsquo;amĂ©nagement&nbsp;», promet-il Ă  son tour.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> (RN) veut un conseil économique «&nbsp;uniquement désigné par les professionnels, pas par le président qui nomme ses copains&nbsp;», et intégrer des entrepreneurs dans certaines commissions municipales avec voix consultative. «&nbsp;Les élus sont bien intentionnés mais n&rsquo;ont pas toujours les pieds dans la réalité&nbsp;», justifie-t-il.</p>
<h2>Le PLU bioclimatique sur la sellette</h2>
<p><strong>Faudra-t-il revenir sur le PLU bioclimatique, un des principaux actifs du bilan de la mandature écoulée&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo et Rachida Dati</strong> promettent l&rsquo;abrogation ou la rĂ©vision complĂšte du PLU bioclimatique. «&nbsp;Le pastillage est un frein Ă  l&rsquo;activitĂ© Ă©conomique. Avec un conseil des entrepreneurs, Il n&rsquo;aurait pas existĂ©&nbsp;», assure Pierre-Yves Bournazel. Sarah Knafo y voit une «&nbsp;violation du droit de propriĂ©tĂ©&nbsp;» et veut «&nbsp;revenir Ă  l&rsquo;idĂ©e originale d&rsquo;un PLU&nbsp;», qui consiste, selon elle, Ă  garantir l&rsquo;harmonie architecturale. «&nbsp;On a l&rsquo;impression que les propriĂ©taires sont des coupables par nature qu&rsquo;il faut taxer en permanence&nbsp;», estime le candidate de ReconquĂȘte. Rachida Dati juge, pour sa part, le document «&nbsp;juridiquement fragile&nbsp;». «&nbsp;Il existe un problĂšme liĂ© Ă  la lĂ©galitĂ© de l&rsquo;hyper-pastillage mis en Ɠuvre Ă  Paris, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Si votre immeuble n&rsquo;est pas concernĂ©, alors c&rsquo;est celui d&rsquo;Ă  cĂŽtĂ©. Ce qui veut dire que si vous le mettez en vente, il va ĂȘtre prĂ©emptĂ© par la mairie, pas forcĂ©ment au prix que vous voulez&nbsp;», a-t-elle affirmĂ© (*). «&nbsp;On va refaire un PLU sur mesure et de dentelle, car le 7ᔉ ce n&rsquo;est pas le 18ᔉ&nbsp;». Parmi les propositions de la candidate LR figure un grand concours d&rsquo;architectes international dans le cadre d&rsquo;un PPP (partenariat publi-privĂ©) sur toutes les portes de Paris, «&nbsp;pour avoir une entrĂ©e parisienne qui soit digne de ce nom&nbsp;».</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> dĂ©fend le bilan de la mandature en matiĂšre d&rsquo;urbanisme&nbsp;: « J&rsquo;assume notre ambition de dĂ©veloppement de Paris. Il n&rsquo;y a pas de dĂ©veloppement Ă©conomique de Paris s&rsquo;il n&rsquo;y a pas un dĂ©veloppement de l&rsquo;habitat », a-t-il fait valoir. Il a rappelĂ© son attachement Ă  l&rsquo;objectif de mixitĂ© sociale rappelant les dĂ©sĂ©quilibres gĂ©ographiques&nbsp;: avec prĂšs de 50&nbsp;% de logements sociaux dans certains arrondissements de l&rsquo;est parisien, et 3&nbsp;% dans les moins bien dotĂ©s. Il a dĂ©crit la bonne santĂ© de l&rsquo;immobilier tertiaire dans le triangle d&rsquo;or et des ensembles urbains Ă  requalifier dans les quartiers populaires, oĂč il entend « mettre le paquet sur la question des hĂ©bergements spĂ©cialisĂ©s, de l&rsquo;hĂ©bergement des Ă©tudiants, des rĂ©sidences seniors et de l&rsquo;accĂšs Ă  la propriĂ©tĂ© pour les classes moyennes », dans un souci de rééquilibrage.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> promeut le «&nbsp;zéro artificialisation de la pleine terre&nbsp;» face au risque de températures à 50 degrés en 2030. «&nbsp;Je ne serai pas un maire du béton, pas un maire qui va promettre la tour Triangle ou Austerlitz avec des milliers de mÚtres carrés de bureaux vacants&nbsp;», a-t-elle indiqué.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> veut «&nbsp;déplafonner les rÚgles du PLU-b sur la hauteur autorisée de certains immeubles, notamment dans les grands axes&nbsp;» et exploiter les dents creuses pour construire de nouveaux logements.</p>
<h2>Logement : des stratégies divergentes</h2>
<p><strong>Quelle stratégie face à la crise &#8211;&nbsp;et aux besoins&nbsp;&#8211; de logements &nbsp;? La question divise.</strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> entend crĂ©er un choc d&rsquo;offre dans le locatif privĂ©&nbsp;: 60&nbsp;000 logements remis sur le marchĂ© via un pacte alliant un paiement des loyers garanti et une baisse de taxe fonciĂšre pour les propriĂ©taires acceptant de renoncer Ă  la location saisonniĂšre de leur bien ou Ă  son usage comme rĂ©sidence secondaire. Élu, il mettrait un terme Ă  la politique de prĂ©emption jugĂ©e inutilement dispendieuse (250 millions d&rsquo;euros par an Ă©conomisĂ©s). Il donnerait une prioritĂ© absolue au logement social pour «&nbsp;les femmes et hommes qui travaillent Ă  Paris&nbsp;» via une cotation renforcĂ©e.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> souhaite appliquer un moratoire sur la construction de logement social, procéder à une vente de 10&nbsp;% du parc (environ 20&nbsp;000 logements) à leurs occupants avec exonération de droits de mutation. Elle entend par ailleurs diviser par deux la taxe fonciÚre et «&nbsp;rendre aux Parisiens le trop-perçu lié à l&rsquo;augmentation, en 2023, de cette taxe par la municipalité&nbsp;».</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> entend Ă©galement mettre fin aux prĂ©emptions d&rsquo;immeuble. La maire du 7ᔉ promeut un assouplissement progressif de l&rsquo;encadrement des loyers avec relĂšvement du plafond notamment pour les propriĂ©taires effectuant des travaux de rĂ©novation thermique. La ministre de la Culture souhaite par ailleurs donner la prioritĂ© aux «&nbsp;gens qui travaillent Ă  Paris ou rendent service aux Parisiens&nbsp;» dans l&rsquo;attribution du logement social, avec cotation renforcĂ©e de ce critĂšre. «&nbsp;La politique de logement social telle qu&rsquo;elle existe est une politique de ghetto&nbsp;», estime-t-elle.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> a présenté sa proposition de créer une régie publique de gestion locative proposant aux propriétaires privés de gérer leurs biens en échange de loyers modérés, garantis, et de prise en charge des travaux de rénovation énergétique. Objectif&nbsp;: ramener la part du loyer dans le budget des Parisiens de 36&nbsp;% à 24&nbsp;% (niveau de 1998). La candidate insoumise propose de lutter contre la spéculation via l&rsquo;interdiction des investissements étrangers. Provoquant des huées dans la salle à ce sujet, elle s&rsquo;est exclamée&nbsp;: «&nbsp;Mais pour qui vous prenez-vous&nbsp;? Vous pensez que je suis une idéaliste utopique, mais le Canada a pris une telle mesure, et Donald Trump l&rsquo;envisage également.&nbsp;»</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237656" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-32.jpg"><img alt="" class="wp-image-237656" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-32.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237656">Emmanuel Grégoire. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237666" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-22.jpg"><img alt="" class="wp-image-237666 " height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-22.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237666">Sophia Chikirou. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237653" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-35.jpg"><img alt="" class="wp-image-237653" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-35.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237653">Thierry Mariani. © Jgp</p></div>
<p><strong>Emmanuel Grégoire</strong> s&rsquo;engage à produire 30&nbsp;000 nouveaux logements sociaux, complétés par l&rsquo;offre de l&rsquo;office foncier solidaire (OFS), qui permet, au moyen du bail réel solidaire dissociant la propriété du bùti de celle du foncier, une accession à «&nbsp;moitié prix&nbsp;». Il évoque également la récente FonciÚre logement abordable, qui va produire des logements locatifs à 25&nbsp;% sous les prix du marché. Le député entend faire de la lutte contre les logements vacants une de ses priorités, promettant un encadrement renforcé des meublés touristiques et des résidences secondaires. «&nbsp;Un logement sur cinq à Paris n&rsquo;est pas consacré à l&rsquo;habitat permanent, ce n&rsquo;est pas soutenable&nbsp;», a-t-il martelé. « 80&nbsp;% des salariés parisiens sont quasiment, de fait, exclus du marché locatif », a-t-il également souligné, estimant absurde de contester la nécessité de construire davantage de logements sociaux ou de remettre en cause le parc existant.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> est partisan de la cession de 40&nbsp;000 logements sociaux Ă  leurs occupants (prix moyen 200&nbsp;000 Ă  300&nbsp;000 euros, soit 4&nbsp;500&nbsp;euros/mÂČ) gĂ©nĂ©rant 1,5 Ă  2&nbsp;milliards de recettes pour construire de nouveaux logements «&nbsp;mieux rĂ©partis&nbsp;». Cela en maintenant Paris au-dessus du seuil SRU de 25&nbsp;%. Il donnerait lui aussi une «&nbsp;prioritĂ© absolue&nbsp;» aux salariĂ©s parisiens dans les attributions.</p>
<h2>Sécurité : la course aux effectifs</h2>
<p><strong>Faut-renforcer la police municipale, l&rsquo;armer, multiplier les caméras de vidéo-surveillance&nbsp;? </strong></p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> veut recruter 8&nbsp;000 policiers municipaux armĂ©s, seule catĂ©gorie de personnels, avec les agents dĂ©diĂ©s Ă  la petite enfance, dont elle souhaite augmenter les effectifs. «&nbsp;55&nbsp;000 agents Ă  Paris, c&rsquo;est indĂ©fendable&nbsp;», estime-t-elle, Ă©voquant «&nbsp;400 personnes Ă  la communication et autant Ă  l&rsquo;urbanisme&nbsp;». En matiĂšre de sĂ©curitĂ©, elle souhaite en outre doter Paris de camĂ©ras de surveillance pilotĂ©es par IA (actives uniquement en cas de comportement suspect pour prĂ©server les libertĂ©s individuelles). La dĂ©putĂ©e europĂ©enne annonce des «&nbsp;rĂ©verbĂšres intelligents&nbsp;» dĂ©tectant les sons d&rsquo;agression et s&rsquo;Ă©clairant brutalement pour faire fuir les agresseurs. «&nbsp;Pendant les JO, Paris Ă©tait en sĂ©curitĂ©&nbsp;: plus de policiers Ă©gale moins de dĂ©linquance&nbsp;», a-t-elle soulignĂ©. La candidate de ReconquĂȘte a Ă©voquĂ© «&nbsp;des buralistes qui voient la mafia afghane entrer dans leurs propres bureaux de tabac pour vendre des cigarettes Ă  la sauvette Ă  leurs clients&nbsp;».</p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> annonce quant Ă  lui un triplement des effectifs, avec 6&nbsp;000 agents de police municipale formĂ©s, armĂ©s, 24 h/24 et 7 j/7. Élu, il organisera une lutte antimafia avec fermeture administrative immĂ©diate des commerces rachetĂ©s par des filiĂšres criminelles et saisine du parquet. Il s&rsquo;engage Ă  ce que des policiers municipaux soient prĂ©sents dans chaque mĂ©tro le soir pour lutter contre les agressions sexuelles.</p>
<p><strong>Thierry Mariani </strong>propose, quant à lui, d&rsquo;élever les effectifs de la police municipale à 8&nbsp;350 agents, soit le ratio de New York appliqué à Paris. Il annonce une multiplication des caméras de surveillance et l&rsquo;organisation de la « PM » en brigades spécialisées, dont le quart des effectifs serait décentralisé aux arrondissements&nbsp;: brigade anti-squat, brigade anti-drogue, brigade de proximité, brigade transport. «&nbsp;La premiÚre préoccupation dans tous les sondages, c&rsquo;est la sécurité&nbsp;», estime l&rsquo;ancien ministre des Transports.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> a dressĂ© le constat alarmant des chiffres de la sĂ©curitĂ©&nbsp;: «&nbsp;Plus de 218&nbsp;% de trafic de stupĂ©fiants entre 2019 et 2025, plus de 60&nbsp;% des agressions sexuelles et 25&nbsp;% sur les atteintes aux personnes&nbsp;», a-t-elle affirmĂ©. La maire du 7ᔉ propose une police municipale «&nbsp;formĂ©e, Ă©quipĂ©e, armĂ©e&nbsp;», en convention avec le prĂ©fet de police et le procureur pour appuyer la police nationale, notamment dans le dĂ©mantĂšlement des trafics. Elle souhaite l&rsquo;activation du Conseil local de sĂ©curitĂ© et de prĂ©vention de la dĂ©linquance (CLSPD), permettant une cartographie de la dĂ©linquance et une politique pĂ©nale adaptĂ©e aux besoins et aux rĂ©alitĂ©s de chaque quartier. «&nbsp;Le maire a la charge de la prĂ©vention et de la tranquillitĂ© publique&nbsp;», a-t-elle rappelĂ©.</p>
<p>Pas de surenchĂšre policiĂšre avec <strong>Sophia Chikirou</strong>, qui est partisane d&rsquo;un «&nbsp;moratoire sur les camĂ©ras&nbsp;» et de la crĂ©ation d&rsquo;antennes de proximitĂ© mĂȘlant policiers municipaux territorialisĂ©s, Ă©ducateurs spĂ©cialisĂ©s et mĂ©diateurs. «&nbsp;Pour la tranquillitĂ©, la meilleure façon de gĂ©rer, c&rsquo;est la mĂ©diation. Les camĂ©ras servent aprĂšs coup, on les a multipliĂ©s, mais regardez les taux de dĂ©linquance&nbsp;: ont-ils baissĂ©&nbsp;?&nbsp;», interroge-t-elle.</p>
<h2>Mobilité : la bataille des voies sur berges</h2>
<p><strong>C&rsquo;est une des questions les plus clivantes. OĂč se situe l&rsquo;Ă©quilibre entre la cohabitation des diffĂ©rents modes de mobilitĂ©, quelle place pour la voiture, le vĂ©lo, et le piĂ©ton&nbsp;? </strong></p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> veut rouvrir la rive droite avec construction d&rsquo;une promenade au-dessus, rĂ©tablir le 80&nbsp;km/h sur le pĂ©riphĂ©rique et piloter les feux par IA pour gagner 15&nbsp;% de fluiditĂ©. <strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> promet trois lignes de bus express (nord-sud, est-ouest, liaisons gares) avec feux intelligents donnant prioritĂ© aux bus. <strong>Rachida Dati</strong> veut rĂ©duire la piste cyclable rue de Rivoli pour Ă©largir les trottoirs –&nbsp;«&nbsp;les piĂ©tons sont les grands oubliĂ©s de la politique municipale&nbsp;», estime-t-elle –&nbsp;et rĂ©tablir une voie dĂ©diĂ©e Ă  la desserte locale entre Bastille et Concorde.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> propose un gel de trois ans sur toute nouvelle piste cyclable et l&rsquo;élaboration d&rsquo;un véritable plan de circulation. «&nbsp;Nous voulons la cohabitation des mobilités et le respect de chaque couloir&nbsp;», a-t-il résumé.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> refuse la «&nbsp;guerre du tous contre tous&nbsp;» et voit dans les problÚmes de mobilité une conséquence de la spéculation immobiliÚre concentrant les bureaux dans Paris intramuros.</p>
<h2>Stationnement : vers un tarif unique et simplifié</h2>
<p><strong>Le stationnement figure également parmi les sujets sensibles pour les entrepreneurs, au premier rang desquels figurent les commerçants.</strong></p>
<p>Consensus quasi général sur la simplification. <strong>Pierre-Yves Bournazel </strong>et<strong> Thierry Mariani</strong> proposent un tarif unique du stationnement parisien pour habitants et entreprises et la fin du zonage. <strong>Sarah Knafo</strong> va plus loin&nbsp;: premiÚre heure gratuite pour tous, gratuité entre 12&nbsp;h et 14&nbsp;h pour les restaurateurs, tarif unique de 5&nbsp;euros/heure ensuite. <strong>Rachida Dati</strong> promet également un «&nbsp;tarif unique abordable&nbsp;» avec gratuité du stationnement deux-roues sur emplacements dédiés.</p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> propose 30&nbsp;000 places de parkings-relais dans les gares du Transilien et du Grand Paris express, cofinancés avec la Région&nbsp;; <strong>Thierry Mariani</strong> annonce 550&nbsp;000 places nouvelles (couverture partielle du périphérique, parkings souterrains et aériens)&nbsp;; <strong>Sarah Knafo</strong> prévoit des parkings souterrains pour la logistique.</p>
<p>Tous garantissent un «&nbsp;droit à la livraison gratuite&nbsp;» pour les professionnels dans des créneaux dédiés.</p>
<h2>Commerce : du diagnostic partagé aux solutions divergentes</h2>
<p><strong>Quelle stratégie pour enrayer la crise du commerce de proximité&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> propose le doublement des places de livraison. «&nbsp;Il faut du flux&nbsp;: pour que les commerces fonctionnent, il faut des gens qui passent devant&nbsp;», a-t-il également indiqué, reliant fluidification de la circulation et vitalité commerciale.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237669" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-19.jpg"><img alt="" class=" wp-image-237669" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-19.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237669">Rachida Dati. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237681" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-7.jpg"><img alt="" class="wp-image-237681" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-7.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237681">Pierre-Yves Bournazel. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237675" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-13.jpg"><img alt="" class="wp-image-237675" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-13.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237675">Sarah Knafo. © Jgp</p></div>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> a en projet un plan de 50 millions d&rsquo;euros sur cinq ans avec des aides de 50&nbsp;000 euros pour la réouverture de commerces. Elle propose une garantie municipale à 50&nbsp;% pour les emprunts des entrepreneurs de moins de 35 ans. Objectif&nbsp;: passer de 10,5&nbsp;% à 8&nbsp;% de vacance. Le tout accompagné d&rsquo;une hausse de la taxe sur les commerces vacants spéculatifs (actuellement 12,5&nbsp;%)&nbsp;: «&nbsp;C&rsquo;est la seule taxe que l&rsquo;on propose d&rsquo;augmenter&nbsp;», argue-t-elle.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> mettra en Ɠuvre, si elle est Ă©lue, une simplification administrative avec dĂ©centralisation aux mairies d&rsquo;arrondissement pour les ouvertures dominicales, nocturnes et les autorisations pour les terrasses.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237655" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-33.jpg"><img alt="" class="wp-image-237655" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-33.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237655">Thierry Mariani. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237660" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-28.jpg"><img alt="" class="wp-image-237660" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-28.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237660">Sophia Chikirou. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237658" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-30.jpg"><img alt="" class="wp-image-237658" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-30.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237658">Emmanuel Grégoire. © Jgp</p></div>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> est favorable au triplement des locaux publics, notamment grùce à la FonciÚre Paris commerce, avec des loyers considérablement baissés, créant un statut de «&nbsp;commerce essentiel&nbsp;» (commerces alimentaires, artisanat de service dans un rayon de 400-500&nbsp;m). Elle est également partisane de la préemption de baux commerciaux et mettra en place un fonds d&rsquo;urgence 2026 pour éviter les fermetures.</p>
<p><strong>Emmanuel Grégoire</strong> a souligné que Paris compte 7&nbsp;500 locaux commerciaux municipaux (avec un taux de vacance inférieur à la moyenne parisienne). Il annonce un plan d&rsquo;urgence pour le commerce et préconise une intervention immobiliÚre renforcée, mais surtout de porter le combat au niveau européen contre «&nbsp;la prédation des plateformes qui détruit des secteurs entiers comme le textile, l&rsquo;ameublement, les agences de voyages&nbsp;». « Nous vivons une crise mondiale qui est un désarmement, assez unilatéral, de nos économies européennes, en particulier face à la prédation et à la disruption de la chaßne de valeur de la distribution qu&rsquo;imposent les plateformes », a-t-il déclaré.</p>
<h2>Propreté : la ligne de fracture public-privé</h2>
<p><strong>Comment rendre Paris plus propre&nbsp;? </strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo </strong>ou <strong>Thierry Mariani</strong> annoncent «&nbsp;100&nbsp;% de privatisation&nbsp;» de la collecte et du nettoiement, gĂ©nĂ©rant 730 millions d&rsquo;Ă©conomies sur la mandature pour investir dans la mĂ©canisation, estime le candidat Horizons. Ce dernier Ă©voque, parmi ses propositions, des poubelles anti-rats avec capteurs de remplissage et robots intelligents pour le tri. «&nbsp;Dans ce domaine, le privĂ© fait mieux que le public, tous les rapports le dĂ©montrent&nbsp;», a-t-il soulignĂ©. La candidate de ReconquĂȘte promet Ă©galement la privatisation complĂšte, « avec une obligation de reprise de 70&nbsp;% des 6&nbsp;000 agents dĂ©diĂ©s&nbsp;» : «&nbsp;C&rsquo;est 27&nbsp;% moins cher et mieux fait, la Chambre rĂ©gionale des comptes le dit. »</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> veut privatiser l&rsquo;intĂ©gralitĂ© de la collecte mais reste plus floue sur le nettoiement. Elle insiste sur la rĂ©organisation des circuits&nbsp;: «&nbsp;Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est un problĂšme d&rsquo;organisation. Une zone touristique n&rsquo;a pas le mĂȘme mobilier urbain qu&rsquo;une rue rĂ©sidentielle&nbsp;», souligne-t-elle. <strong>Thierry Mariani</strong> assume&nbsp;: «&nbsp;Je l&rsquo;ai fait dans ma commune [ValrĂ©as, Vaucluse], le privĂ© fait mieux.&nbsp;»</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> dĂ©fend «&nbsp;l&rsquo;Ă©quilibre en deux blocs&nbsp;» instaurĂ© par Jacques Chirac (moitiĂ© rĂ©gie, moitiĂ© privĂ©). «&nbsp;Tous les maires se sont posĂ© la question. Cet Ă©quilibre permet d&rsquo;Ă©viter de fragiliser ce qui marche le mieux&nbsp;: le ramassage des ordures a un niveau de performance quasiment inĂ©galĂ© au monde&nbsp;», a-t-il soulignĂ©. De mĂȘme, l&rsquo;ancien premier adjoint s&rsquo;est inscrit en faux face Ă  une tendance au Paris bashing, vĂ©hiculĂ©e par ceux qui dĂ©crivent une capitale Ă  l&rsquo;image dĂ©gradĂ©e : « Nous sommes devenus la premiĂšre place europĂ©enne d&rsquo;investissement, a-t-il soulignĂ©. On peut toujours pleurer sur le lait renversĂ©, dire que tout va mal. Mais de fait, post-Brexit, le Grand Londres qui Ă©tait devant nous est passĂ© derriĂšre nous. Donc on a plein de problĂšmes, on a plein de dĂ©fauts, mais on a aussi d&rsquo;immenses atouts. »</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> dĂ©fend la municipalisation intĂ©grale&nbsp;: «&nbsp;Ça coĂ»te moins cher Ă  la ville et c&rsquo;est plus efficace.&nbsp;» Face aux rires de la salle : «&nbsp;Vous voulez de la propretĂ© mais vous ne voulez pas d&rsquo;agents&nbsp;? Pendant les JO, il y avait 160 agents supplĂ©mentaires, c&rsquo;Ă©tait propre. Il en faut 300 en permanence.&nbsp;» Elle propose aussi des rĂ©gies de quartier au niveau des conseils locaux.</p>
<h2>Fiscalité : promesses de stabilité et rare baisse</h2>
<p><strong>Faut-il augmenter les impÎts et la dépense publique, ou réduire à la fois l&rsquo;un et l&rsquo;autre&nbsp;? </strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> promet que, sous son égide, il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;augmentation d&rsquo;impÎts, avec au contraire une baisse de la fiscalité financée par 4 milliards d&rsquo;économies (débureaucratisation, passage aux 35&nbsp;h, fin de la préemption, suppression de privilÚges dont bénéficieraient les élus) et 3 milliards de recettes (dont la vente de 20&nbsp;000 logements que la Ville possÚde hors Paris). Il a exprimé par ailleurs son opposition à l&rsquo;harmonisation à la hausse de la cotisation fonciÚre des entreprises que pourrait provoquer son transfert à la Métropole et une harmonisation à cette échelle, les taux parisiens étant parmi les plus faibles de l&rsquo;agglomération. «&nbsp;Il y a 22 directions et 42 directeurs à Paris aujourd&rsquo;hui. Dans quelles collectivités, quelles entreprises, on voit ça&nbsp;? On a multiplié les strates, les sous-directions et aujourd&rsquo;hui, on a une dépense publique de fonctionnement qui augmente quand les dépenses d&rsquo;investissement baissent&nbsp;», a-t-il déploré.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> a une «&nbsp;mesure phare&nbsp;» en l&rsquo;espÚce&nbsp;: «&nbsp;c&rsquo;est que la mairie dépense moins pour pouvoir taxer moins, pour que les entreprises et les ménages puissent gagner plus et investir plus&nbsp;». Elle promet la division par deux de la taxe fonciÚre pour tous (entreprises et ménages), la division par deux de la taxe d&rsquo;enlÚvement des ordures ménagÚres (TEOM) et de balayage, ainsi qu&rsquo;une restitution du «&nbsp;trop-perçu&nbsp;» issu de la hausse de 2023. Seule hausse qu&rsquo;elle envisage, celle de la taxe sur commerces vacants spéculatifs. «&nbsp;J&rsquo;en ai assez que vous soyez des vaches à lait&nbsp;», a-t-elle lancé en direction des chefs d&rsquo;entreprise.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> s&rsquo;engage également à ne pas augmenter les impÎts, à stopper toute nouvelle préemption (250-300 millions d&rsquo;économies par an), à réaliser des économies sur le fonctionnement, et à procéder à la vente de fonciers. Elle évoque également le recours aux contrats de partenariat public-privé (PPP) pour les grands aménagements. «&nbsp;On n&rsquo;a pas vocation à acheter de l&rsquo;immobilier, des terrains, des commerces. On n&rsquo;est pas en économie administrée&nbsp;», estime-t-elle.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> ne s&rsquo;inscrit pas dans une «&nbsp;baisse gĂ©nĂ©ralisĂ©e&nbsp;» des dĂ©penses publiques Ă  laquelle elle prĂ©fĂšre, par exemple, la distinction, en matiĂšre d&rsquo;aides Ă©conomiques, entre les entreprises selon la nature de leur capital&nbsp;: elle entend ainsi favoriser les entreprises dont le capital est dĂ©tenu par leurs dirigeants et non des fonds d&rsquo;investissement. «&nbsp;Ça fait 30 ans qu&rsquo;on baisse les impĂŽts avec 111 milliards d&rsquo;aides en 2023. Prouvez-moi que ça a servi l&#8217;emploi et le dynamisme Ă©conomique&nbsp;», a-t-elle lancĂ©.</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> s&rsquo;est engagĂ© lui aussi Ă  ne pas augmenter les impĂŽts et taxes, notamment les droits de mutation Ă  titre onĂ©reux (DMTO). «&nbsp;Nous sommes dans une situation absurde oĂč un maire n&rsquo;a aucun intĂ©ressement fiscal Ă  l&rsquo;activitĂ© Ă©conomique. Il faut rĂ©former les finances locales&nbsp;», estime-t-il.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> est également défavorable à toute augmentation d&rsquo;impÎts, sauf celle de la taxe sur commerces vacants. Il promeut un plan de désendettement «&nbsp;trÚs strict&nbsp;» de 5 milliards sur la mandature.</p>
<h2>Dette : de la fierté à l&rsquo;alarme</h2>
<p><strong>Paris est-il en situation critique au regard de sa dette&nbsp;? Faut-il la réduire&nbsp;? La stabiliser&nbsp;? </strong></p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> dĂ©fend le bilan de Paris en matiĂšre de gestion de la dette&nbsp;: «&nbsp;La Ville n&rsquo;a jamais adoptĂ© un budget en dĂ©ficit, c&rsquo;est interdit&nbsp;», a-t-il indiquĂ©, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la rĂšgle d&rsquo;or imposĂ©e aux collectivitĂ©s territoriales, mais pas Ă  l&rsquo;État, selon laquelle le secteur public local ne peut emprunter pour financer son fonctionnement. «&nbsp;La dette de Paris est passĂ©e de 1 Ă  9,3 milliards, mais les actifs de 20 Ă  47 milliards d&rsquo;euros, souligne-t-il. Quand vous empruntez Ă  des taux infĂ©rieurs au rendement des actifs, vous vous enrichissez.&nbsp;» L&rsquo;ancien premier adjoint d&rsquo;Anne Hidalgo promet nĂ©anmoins de rééquilibrer le financement des investissements (75-80&nbsp;% par autofinancement et cessions d&rsquo;actifs non stratĂ©giques comme le Parc des Princes, contre un tiers par autofinancement, un tiers par cession d&rsquo;actifs et un tiers par l&#8217;emprunt aujourd&rsquo;hui). Il vise une Ă©pargne brute de 1,1-1,2 milliard en fin de mandature et une capacitĂ© de dĂ©sendettement (**) de 1 ans. «&nbsp;La dette de la ville a diminuĂ© quand j&rsquo;Ă©tais adjoint aux finances&nbsp;», a-t-il indiquĂ©.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> sonne l&rsquo;alarme&nbsp;: «&nbsp;10 milliards de dette, un service de la dette de 500 millions d&rsquo;euros par an, mais quelle contrepartie&nbsp;? Place de la République à refaire, place de la Bastille à refaire&#8230; Un musée des horreurs budgétaires.&nbsp;» Elle annonce 10&nbsp;milliards d&rsquo;économies nettes sur dix ans&nbsp;: 3&nbsp;milliards via la division par deux des effectifs (en tenant compte du turn-over naturel de 3&nbsp;500 départs/an et des embauches en police et petite enfance), 5 milliards en stoppant la politique fonciÚre (préemption, écoquartiers), 1 milliard sur les subventions aux associations «&nbsp;politisées ou qui favorisent l&rsquo;illégalité&nbsp;», plus un désendettement via des ventes de fonciers de la Ville.</p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> propose 7&nbsp;milliards d&rsquo;euros de marge récupérés sur six ans (4&nbsp;milliards d&rsquo;économies + 3&nbsp;milliards de recettes) pour désendetter, baisser la fiscalité et investir dans la sécurité, la propreté, la mobilité. Il promet «&nbsp;le projet le plus financé, chiffré à l&rsquo;euro prÚs ».</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237657" style="width: 549px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-31.jpg"><img alt="" class="wp-image-237657" height="360" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-31.jpg" width="539" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237657">Emmanuel Grégoire. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237676" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-9.jpg"><img alt="" class="wp-image-237676" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-9.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237676">Pierre-Yves Bournazel. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237654" style="width: 552px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-34.jpg"><img alt="" class="wp-image-237654" height="362" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-34.jpg" width="542" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237654">Thierry Mariani. © Jgp</p></div>
<p><strong>Rachida Dati</strong> critique sévÚrement la gestion sortante (budgets « insincÚres » avec vote puis gel, augmentation de 60&nbsp;% de la taxe fonciÚre sans amélioration des services) et veut stopper l&rsquo;explosion du fonctionnement au profit de l&rsquo;investissement via une série d&rsquo;économies (fin des préemptions, des subventions à certaines associations, non-remplacement partiel des départs, application des 35&nbsp;h, lutte contre l&rsquo;absentéisme) et recours au PPP.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> ne chiffre pas d&rsquo;économies, préférant parler d&rsquo;investissements nécessaires pour l&rsquo;adaptation climatique notamment.</p>
<p>Certains enjeux Ă©conomiques majeurs ont Ă©tĂ© marginalisĂ©s lors de ces dĂ©bats. La dimension mĂ©tropolitaine n&rsquo;a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e que par Emmanuel GrĂ©goire, qui mise sur «&nbsp;l&rsquo;enseignement supĂ©rieur, la recherche et l&rsquo;innovation pour faire de la rĂ©gion Île-de-France la premiĂšre rĂ©gion universitaire du monde&nbsp;» face Ă  la «&nbsp;bataille mondiale de l&rsquo;Ă©conomie de la connaissance&nbsp;». Les autres sont restĂ©s sur le pĂ©rimĂštre parisien.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>(*) Pour favoriser la construction de logements, le PLU-b prĂ©voit que tous les projets de construction, de changement de destination, mais Ă©galement de restructuration d’immeuble d’une surface de plancher supĂ©rieure Ă  5&nbsp;000&nbsp;mÂČ doivent compter au moins 10&nbsp;% de logements dans leur programmation. Par ailleurs, un pastillage dĂ©signe 800 emplacements rĂ©servĂ©s&nbsp;: ce mĂ©canisme, qui n’est pas nouveau, permet Ă  la Ville de grever des immeubles d’une servitude pour la crĂ©ation d’un certain pourcentage de logements, en particulier sociaux. A l’occasion du dĂ©pĂŽt d’une demande d’autorisation d’urbanisme, le pĂ©titionnaire devra se conformer Ă  l’objet de la pastille.</em></p>
<p><em>(**) La capacité de désendettement, ou ratio Klopfer, est la durée nécessaire pour rembourser le stock de dette si l&rsquo;on y consacre la totalité de son épargne brute.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="entry-content-infos">
<p><span class="entry-content-infos-title">Des milieux économiques « invisibilisés »</span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237686" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef.jpg"><img alt="" class="wp-image-237686" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237686">Charles Znaty et Bernard Cohen-Hadad. © Jgp</p></div>
<p>En introduction des dĂ©bats, Charles Znaty, prĂ©sident du Medef Paris, a insistĂ© sur le manque de concertation par la Ville des reprĂ©sentants des entreprises, qu&rsquo;il estime «&nbsp;invisibilisĂ©es&nbsp;». Le Medef Paris, rejoint par la CPME parisienne, a créé l&rsquo;Institut du monde Ă©conomique pour pallier une autre carence soulignĂ©e par les patrons&nbsp;: le manque d&rsquo;Ă©tudes d&rsquo;impact avant les dĂ©cisions et d&rsquo;Ă©valuation aprĂšs. «&nbsp;L&rsquo;Ă©conomie doit ĂȘtre au centre du dĂ©bat&nbsp;», a estimĂ© le patron des patrons parisiens. Bernard Cohen-Hadad, prĂ©sident de la CPME Paris, a dressĂ© un tableau sombre de la situation parisienne, avec 130&nbsp;000 habitants qui ont quittĂ© la capitale ces dix derniĂšres annĂ©es, une vacance commerciale record Ă  11&nbsp;%, et 51&nbsp;% des entrepreneurs qui envisageraient de quitter Paris. « 93&nbsp;% des patrons jugent la derniĂšre mandature inefficace pour les entreprises, avec une note de 2,4 sur 10&nbsp;», lance Bernard Cohen-Hadad, Ă©voquant une Ă©tude rĂ©cente sur le sujet. «&nbsp;Nous sommes attachĂ©s Ă  la libertĂ© du commerce et de l&rsquo;industrie, et Ă  la libertĂ© d&rsquo;aller et venir. Aujourd&rsquo;hui, nos entrepreneurs ne peuvent plus se loger, et nos consommateurs ont du mal Ă  venir dans nos Ă©tablissements&nbsp;», a estimĂ© le prĂ©sident de la CPME parisienne.</p>
</div>

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