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Municipales : le grand comparatif des programmes face au patronat parisien
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Vendredi 6 fĂ©vrier, au cinĂ©ma Le Balzac, le patronat parisien (Medef et CPME) auditionnait simultanĂ©ment les six principaux candidats Ă la mairie de Paris. Face Ă une salle comble de chefs d'entreprise, Pierre-Yves Bournazel (Horizons, soutenu par Renaissance), Sarah Knafo (ReconquĂȘte), Rachida Dati (LR soutenue par l'UDI et le MoDem), Sophia Chikirou (LFI), Emmanuel GrĂ©goire (PS-Union de la gauche) et Thierry Mariani (RN) se sont succĂ©dĂ© pendant prĂšs de cinq heures pour exposer leur programme. Le journal du Grand Paris passe en revue les propositions des uns et des autres.
<p>Salle comble vendredi 6 fĂ©vrier au cinĂ©ma Le Balzac (Paris 8á”) pour l’audition par le Medef et la CPME Paris des six principaux candidats Ă la mairie de Paris. L’occasion de dresser un comparatif des propositions de chacun sur les diffĂ©rents thĂšmes abordĂ©s, de la concertation des entreprises Ă la gestion financiĂšre et fiscale de la Ville, en passant par l’urbanisme, la propretĂ© ou la sĂ©curitĂ©.</p>
<h2>Concertation avec les milieux patronaux</h2>
<p><strong>Quelle concertation des milieux Ă©conomiques dans la prise de dĂ©cision de la municipalitĂ© ? Tous les candidats, sans surprise, votent pour une association accrue de la sociĂ©tĂ© civile, patronat inclus, Ă l’action municipale. </strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> (Horizons, soutenu par Renaissance) propose un « conseil des entrepreneurs », « organe officiel de la ville de Paris », associant Ă©lus, administration et acteurs Ă©conomiques, qui participera aux Ă©tudes d’impact avant toute dĂ©cision majeure, aux expĂ©rimentations et Ă l’Ă©valuation des politiques publiques. Il y ajoute des « small business centers », guichets uniques pour simplifier les dĂ©marches des entrepreneurs.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> (ReconquĂȘte), qui place le recours Ă l’IA au cĆur de ses propositions, mise sur la technologie avec un « jumeau numĂ©rique de Paris » permettant de simuler les impacts de chaque projet d’amĂ©nagement avant sa rĂ©alisation. « J’ai Ă©tĂ© la cible de beaucoup d’attaques de mes concurrents qui me reprochent d’utiliser l’intelligence artificielle, notamment lorsque je simule des projets, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Je trouve que c’est fabuleux. Ils se rĂ©vĂšlent, ils nous montrent qu’ils ne savent pas utiliser l’IA, qu’ils ne la connaissent pas », a-t-elle dĂ©clarĂ©. La dĂ©putĂ©e europĂ©enne propose un rĂ©fĂ©rendum obligatoire pour tout projet d’investissement dĂ©passant 10 millions d’euros.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> (LR, soutenue par l’UDI et le MoDem) s’engage aussi Ă consulter les reprĂ©sentants des milieux Ă©conomiques avant les grands programmes d’amĂ©nagement, en s’appuyant sur « les services de la voirie, l’expertise de bureaux d’Ă©tudes et de la data ». Elle critique sĂ©vĂšrement l’absence actuelle de plan de circulation : « On ne ferme pas une rue si on ne connaĂźt pas le secteur, on ne crĂ©e pas une piste cyclable si on ne connaĂźt pas l’activitĂ© des abords », a-t-elle martelĂ©.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237685" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-3.jpg"><img alt="" class="wp-image-237685" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-3.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237685">Pierre-Yves Bournazel. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237678" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-10.jpg"><img alt="" class="wp-image-237678" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-10.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237678">Sarah Knafo. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237700" style="width: 552px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-36.jpg"><img alt="" class="wp-image-237700" height="362" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-36.jpg" width="542" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237700">Rachida Dati. © Jgp</p></div>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> (LFI) dĂ©fend un « Cese parisien» (Ă©quivalent du Conseil Ă©conomique, social et environnemental rĂ©gional) rĂ©unissant patronat, syndicats, associations et Ă©lus. Elle veut Ă©galement revitaliser les conseils de quartier en y intĂ©grant commerçants et entreprises. « Pour que l’on discute, qu’on analyse ensemble, qu’on arrive Ă se mettre d’accord sur des diagnostics. »</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> (Union de la gauche hors LFI) a rappelĂ© en prĂ©ambule qu’il s’inscrivait dans une sociale-dĂ©mocratie Ă©cologiste, « qui considĂšre que, avant de partager la valeur, encore faut-il en crĂ©er ». « Nous partageons une vision commune sur le nĂ©cessaire effort Ă fournir pour maintenir l’attractivitĂ© de Paris. Je vous le dis, nous mettrons en place une gouvernance qui le permettra, oĂč vous pourrez vous exprimer, oĂč j’aurai la mission de vous Ă©couter et de prendre en compte les mesures qui seront celles que vous proposerez », a-t-il dĂ©clarĂ©. Emmanuel GrĂ©goire a dĂ©taillĂ© divers niveaux de gouvernance : un Conseil Ă©conomique, social et environnemental parisien, un conseil d’investissement, « pour driver les investissements dans le Grand Paris », des comitĂ©s de filiĂšres sectoriels avec interlocuteur unique de la Ville, et une plateforme numĂ©rique « Paris entreprises » permettant d’effectuer l’ensemble des dĂ©marches. « Je souhaite mettre en place des Ă©tudes d’impact systĂ©matiques avant les grands programmes d’amĂ©nagement », promet-il Ă son tour.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> (RN) veut un conseil Ă©conomique « uniquement dĂ©signĂ© par les professionnels, pas par le prĂ©sident qui nomme ses copains », et intĂ©grer des entrepreneurs dans certaines commissions municipales avec voix consultative. « Les Ă©lus sont bien intentionnĂ©s mais n’ont pas toujours les pieds dans la rĂ©alitĂ© », justifie-t-il.</p>
<h2>Le PLU bioclimatique sur la sellette</h2>
<p><strong>Faudra-t-il revenir sur le PLU bioclimatique, un des principaux actifs du bilan de la mandature écoulée ?</strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo et Rachida Dati</strong> promettent l’abrogation ou la rĂ©vision complĂšte du PLU bioclimatique. « Le pastillage est un frein Ă l’activitĂ© Ă©conomique. Avec un conseil des entrepreneurs, Il n’aurait pas existĂ© », assure Pierre-Yves Bournazel. Sarah Knafo y voit une « violation du droit de propriĂ©tĂ© » et veut « revenir Ă l’idĂ©e originale d’un PLU », qui consiste, selon elle, Ă garantir l’harmonie architecturale. « On a l’impression que les propriĂ©taires sont des coupables par nature qu’il faut taxer en permanence », estime le candidate de ReconquĂȘte. Rachida Dati juge, pour sa part, le document « juridiquement fragile ». « Il existe un problĂšme liĂ© Ă la lĂ©galitĂ© de l’hyper-pastillage mis en Ćuvre Ă Paris, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Si votre immeuble n’est pas concernĂ©, alors c’est celui d’Ă cĂŽtĂ©. Ce qui veut dire que si vous le mettez en vente, il va ĂȘtre prĂ©emptĂ© par la mairie, pas forcĂ©ment au prix que vous voulez », a-t-elle affirmĂ© (*). « On va refaire un PLU sur mesure et de dentelle, car le 7á” ce n’est pas le 18ᔠ». Parmi les propositions de la candidate LR figure un grand concours d’architectes international dans le cadre d’un PPP (partenariat publi-privĂ©) sur toutes les portes de Paris, « pour avoir une entrĂ©e parisienne qui soit digne de ce nom ».</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> dĂ©fend le bilan de la mandature en matiĂšre d’urbanisme : « J’assume notre ambition de dĂ©veloppement de Paris. Il n’y a pas de dĂ©veloppement Ă©conomique de Paris s’il n’y a pas un dĂ©veloppement de l’habitat », a-t-il fait valoir. Il a rappelĂ© son attachement Ă l’objectif de mixitĂ© sociale rappelant les dĂ©sĂ©quilibres gĂ©ographiques : avec prĂšs de 50 % de logements sociaux dans certains arrondissements de l’est parisien, et 3 % dans les moins bien dotĂ©s. Il a dĂ©crit la bonne santĂ© de l’immobilier tertiaire dans le triangle d’or et des ensembles urbains Ă requalifier dans les quartiers populaires, oĂč il entend « mettre le paquet sur la question des hĂ©bergements spĂ©cialisĂ©s, de l’hĂ©bergement des Ă©tudiants, des rĂ©sidences seniors et de l’accĂšs Ă la propriĂ©tĂ© pour les classes moyennes », dans un souci de rééquilibrage.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> promeut le « zéro artificialisation de la pleine terre » face au risque de températures à 50 degrés en 2030. « Je ne serai pas un maire du béton, pas un maire qui va promettre la tour Triangle ou Austerlitz avec des milliers de mÚtres carrés de bureaux vacants », a-t-elle indiqué.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> veut « déplafonner les rÚgles du PLU-b sur la hauteur autorisée de certains immeubles, notamment dans les grands axes » et exploiter les dents creuses pour construire de nouveaux logements.</p>
<h2>Logement : des stratégies divergentes</h2>
<p><strong>Quelle stratĂ©gie face Ă la crise – et aux besoins – de logements ? La question divise.</strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> entend crĂ©er un choc d’offre dans le locatif privĂ© : 60 000 logements remis sur le marchĂ© via un pacte alliant un paiement des loyers garanti et une baisse de taxe fonciĂšre pour les propriĂ©taires acceptant de renoncer Ă la location saisonniĂšre de leur bien ou Ă son usage comme rĂ©sidence secondaire. Ălu, il mettrait un terme Ă la politique de prĂ©emption jugĂ©e inutilement dispendieuse (250 millions d’euros par an Ă©conomisĂ©s). Il donnerait une prioritĂ© absolue au logement social pour « les femmes et hommes qui travaillent Ă Paris » via une cotation renforcĂ©e.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> souhaite appliquer un moratoire sur la construction de logement social, procĂ©der Ă une vente de 10 % du parc (environ 20 000 logements) Ă leurs occupants avec exonĂ©ration de droits de mutation. Elle entend par ailleurs diviser par deux la taxe fonciĂšre et « rendre aux Parisiens le trop-perçu liĂ© Ă l’augmentation, en 2023, de cette taxe par la municipalitĂ© ».</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> entend Ă©galement mettre fin aux prĂ©emptions d’immeuble. La maire du 7á” promeut un assouplissement progressif de l’encadrement des loyers avec relĂšvement du plafond notamment pour les propriĂ©taires effectuant des travaux de rĂ©novation thermique. La ministre de la Culture souhaite par ailleurs donner la prioritĂ© aux « gens qui travaillent Ă Paris ou rendent service aux Parisiens » dans l’attribution du logement social, avec cotation renforcĂ©e de ce critĂšre. « La politique de logement social telle qu’elle existe est une politique de ghetto », estime-t-elle.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> a prĂ©sentĂ© sa proposition de crĂ©er une rĂ©gie publique de gestion locative proposant aux propriĂ©taires privĂ©s de gĂ©rer leurs biens en Ă©change de loyers modĂ©rĂ©s, garantis, et de prise en charge des travaux de rĂ©novation Ă©nergĂ©tique. Objectif : ramener la part du loyer dans le budget des Parisiens de 36 % Ă 24 % (niveau de 1998). La candidate insoumise propose de lutter contre la spĂ©culation via l’interdiction des investissements Ă©trangers. Provoquant des huĂ©es dans la salle Ă ce sujet, elle s’est exclamĂ©e : « Mais pour qui vous prenez-vous ? Vous pensez que je suis une idĂ©aliste utopique, mais le Canada a pris une telle mesure, et Donald Trump l’envisage Ă©galement. »</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237656" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-32.jpg"><img alt="" class="wp-image-237656" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-32.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237656">Emmanuel Grégoire. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237666" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-22.jpg"><img alt="" class="wp-image-237666 " height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-22.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237666">Sophia Chikirou. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237653" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-35.jpg"><img alt="" class="wp-image-237653" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-35.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237653">Thierry Mariani. © Jgp</p></div>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> s’engage Ă produire 30 000 nouveaux logements sociaux, complĂ©tĂ©s par l’offre de l’office foncier solidaire (OFS), qui permet, au moyen du bail rĂ©el solidaire dissociant la propriĂ©tĂ© du bĂąti de celle du foncier, une accession à « moitiĂ© prix ». Il Ă©voque Ă©galement la rĂ©cente FonciĂšre logement abordable, qui va produire des logements locatifs Ă 25 % sous les prix du marchĂ©. Le dĂ©putĂ© entend faire de la lutte contre les logements vacants une de ses prioritĂ©s, promettant un encadrement renforcĂ© des meublĂ©s touristiques et des rĂ©sidences secondaires. « Un logement sur cinq Ă Paris n’est pas consacrĂ© Ă l’habitat permanent, ce n’est pas soutenable », a-t-il martelĂ©. « 80 % des salariĂ©s parisiens sont quasiment, de fait, exclus du marchĂ© locatif », a-t-il Ă©galement soulignĂ©, estimant absurde de contester la nĂ©cessitĂ© de construire davantage de logements sociaux ou de remettre en cause le parc existant.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> est partisan de la cession de 40 000 logements sociaux Ă leurs occupants (prix moyen 200 000 Ă 300 000 euros, soit 4 500 euros/mÂČ) gĂ©nĂ©rant 1,5 Ă 2 milliards de recettes pour construire de nouveaux logements « mieux rĂ©partis ». Cela en maintenant Paris au-dessus du seuil SRU de 25 %. Il donnerait lui aussi une « prioritĂ© absolue » aux salariĂ©s parisiens dans les attributions.</p>
<h2>Sécurité : la course aux effectifs</h2>
<p><strong>Faut-renforcer la police municipale, l’armer, multiplier les camĂ©ras de vidĂ©o-surveillance ? </strong></p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> veut recruter 8 000 policiers municipaux armĂ©s, seule catĂ©gorie de personnels, avec les agents dĂ©diĂ©s Ă la petite enfance, dont elle souhaite augmenter les effectifs. « 55 000 agents Ă Paris, c’est indĂ©fendable », estime-t-elle, Ă©voquant « 400 personnes Ă la communication et autant Ă l’urbanisme ». En matiĂšre de sĂ©curitĂ©, elle souhaite en outre doter Paris de camĂ©ras de surveillance pilotĂ©es par IA (actives uniquement en cas de comportement suspect pour prĂ©server les libertĂ©s individuelles). La dĂ©putĂ©e europĂ©enne annonce des « rĂ©verbĂšres intelligents » dĂ©tectant les sons d’agression et s’Ă©clairant brutalement pour faire fuir les agresseurs. « Pendant les JO, Paris Ă©tait en sĂ©curitĂ© : plus de policiers Ă©gale moins de dĂ©linquance », a-t-elle soulignĂ©. La candidate de ReconquĂȘte a Ă©voquĂ© « des buralistes qui voient la mafia afghane entrer dans leurs propres bureaux de tabac pour vendre des cigarettes Ă la sauvette Ă leurs clients ».</p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> annonce quant Ă lui un triplement des effectifs, avec 6 000 agents de police municipale formĂ©s, armĂ©s, 24 h/24 et 7 j/7. Ălu, il organisera une lutte antimafia avec fermeture administrative immĂ©diate des commerces rachetĂ©s par des filiĂšres criminelles et saisine du parquet. Il s’engage Ă ce que des policiers municipaux soient prĂ©sents dans chaque mĂ©tro le soir pour lutter contre les agressions sexuelles.</p>
<p><strong>Thierry Mariani </strong>propose, quant Ă lui, d’Ă©lever les effectifs de la police municipale Ă 8 350 agents, soit le ratio de New York appliquĂ© Ă Paris. Il annonce une multiplication des camĂ©ras de surveillance et l’organisation de la « PM » en brigades spĂ©cialisĂ©es, dont le quart des effectifs serait dĂ©centralisĂ© aux arrondissements : brigade anti-squat, brigade anti-drogue, brigade de proximitĂ©, brigade transport. « La premiĂšre prĂ©occupation dans tous les sondages, c’est la sĂ©curitĂ© », estime l’ancien ministre des Transports.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> a dressĂ© le constat alarmant des chiffres de la sĂ©curitĂ© : « Plus de 218 % de trafic de stupĂ©fiants entre 2019 et 2025, plus de 60 % des agressions sexuelles et 25 % sur les atteintes aux personnes », a-t-elle affirmĂ©. La maire du 7á” propose une police municipale « formĂ©e, Ă©quipĂ©e, armĂ©e », en convention avec le prĂ©fet de police et le procureur pour appuyer la police nationale, notamment dans le dĂ©mantĂšlement des trafics. Elle souhaite l’activation du Conseil local de sĂ©curitĂ© et de prĂ©vention de la dĂ©linquance (CLSPD), permettant une cartographie de la dĂ©linquance et une politique pĂ©nale adaptĂ©e aux besoins et aux rĂ©alitĂ©s de chaque quartier. « Le maire a la charge de la prĂ©vention et de la tranquillitĂ© publique », a-t-elle rappelĂ©.</p>
<p>Pas de surenchĂšre policiĂšre avec <strong>Sophia Chikirou</strong>, qui est partisane d’un « moratoire sur les camĂ©ras » et de la crĂ©ation d’antennes de proximitĂ© mĂȘlant policiers municipaux territorialisĂ©s, Ă©ducateurs spĂ©cialisĂ©s et mĂ©diateurs. « Pour la tranquillitĂ©, la meilleure façon de gĂ©rer, c’est la mĂ©diation. Les camĂ©ras servent aprĂšs coup, on les a multipliĂ©s, mais regardez les taux de dĂ©linquance : ont-ils baissĂ© ? », interroge-t-elle.</p>
<h2>Mobilité : la bataille des voies sur berges</h2>
<p><strong>C’est une des questions les plus clivantes. OĂč se situe l’Ă©quilibre entre la cohabitation des diffĂ©rents modes de mobilitĂ©, quelle place pour la voiture, le vĂ©lo, et le piĂ©ton ? </strong></p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> veut rouvrir la rive droite avec construction d’une promenade au-dessus, rĂ©tablir le 80 km/h sur le pĂ©riphĂ©rique et piloter les feux par IA pour gagner 15 % de fluiditĂ©. <strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> promet trois lignes de bus express (nord-sud, est-ouest, liaisons gares) avec feux intelligents donnant prioritĂ© aux bus. <strong>Rachida Dati</strong> veut rĂ©duire la piste cyclable rue de Rivoli pour Ă©largir les trottoirs â « les piĂ©tons sont les grands oubliĂ©s de la politique municipale », estime-t-elle â et rĂ©tablir une voie dĂ©diĂ©e Ă la desserte locale entre Bastille et Concorde.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> propose un gel de trois ans sur toute nouvelle piste cyclable et l’Ă©laboration d’un vĂ©ritable plan de circulation. « Nous voulons la cohabitation des mobilitĂ©s et le respect de chaque couloir », a-t-il rĂ©sumĂ©.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> refuse la « guerre du tous contre tous » et voit dans les problÚmes de mobilité une conséquence de la spéculation immobiliÚre concentrant les bureaux dans Paris intramuros.</p>
<h2>Stationnement : vers un tarif unique et simplifié</h2>
<p><strong>Le stationnement figure également parmi les sujets sensibles pour les entrepreneurs, au premier rang desquels figurent les commerçants.</strong></p>
<p>Consensus quasi général sur la simplification. <strong>Pierre-Yves Bournazel </strong>et<strong> Thierry Mariani</strong> proposent un tarif unique du stationnement parisien pour habitants et entreprises et la fin du zonage. <strong>Sarah Knafo</strong> va plus loin : premiÚre heure gratuite pour tous, gratuité entre 12 h et 14 h pour les restaurateurs, tarif unique de 5 euros/heure ensuite. <strong>Rachida Dati</strong> promet également un « tarif unique abordable » avec gratuité du stationnement deux-roues sur emplacements dédiés.</p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> propose 30 000 places de parkings-relais dans les gares du Transilien et du Grand Paris express, cofinancés avec la Région ; <strong>Thierry Mariani</strong> annonce 550 000 places nouvelles (couverture partielle du périphérique, parkings souterrains et aériens) ; <strong>Sarah Knafo</strong> prévoit des parkings souterrains pour la logistique.</p>
<p>Tous garantissent un « droit à la livraison gratuite » pour les professionnels dans des créneaux dédiés.</p>
<h2>Commerce : du diagnostic partagé aux solutions divergentes</h2>
<p><strong>Quelle stratégie pour enrayer la crise du commerce de proximité ?</strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> propose le doublement des places de livraison. « Il faut du flux : pour que les commerces fonctionnent, il faut des gens qui passent devant », a-t-il également indiqué, reliant fluidification de la circulation et vitalité commerciale.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237669" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-19.jpg"><img alt="" class=" wp-image-237669" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-19.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237669">Rachida Dati. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237681" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-7.jpg"><img alt="" class="wp-image-237681" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-7.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237681">Pierre-Yves Bournazel. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237675" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-13.jpg"><img alt="" class="wp-image-237675" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-13.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237675">Sarah Knafo. © Jgp</p></div>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> a en projet un plan de 50 millions d’euros sur cinq ans avec des aides de 50 000 euros pour la rĂ©ouverture de commerces. Elle propose une garantie municipale Ă 50 % pour les emprunts des entrepreneurs de moins de 35 ans. Objectif : passer de 10,5 % Ă 8 % de vacance. Le tout accompagnĂ© d’une hausse de la taxe sur les commerces vacants spĂ©culatifs (actuellement 12,5 %) : « C’est la seule taxe que l’on propose d’augmenter », argue-t-elle.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> mettra en Ćuvre, si elle est Ă©lue, une simplification administrative avec dĂ©centralisation aux mairies d’arrondissement pour les ouvertures dominicales, nocturnes et les autorisations pour les terrasses.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237655" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-33.jpg"><img alt="" class="wp-image-237655" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-33.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237655">Thierry Mariani. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237660" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-28.jpg"><img alt="" class="wp-image-237660" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-28.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237660">Sophia Chikirou. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237658" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-30.jpg"><img alt="" class="wp-image-237658" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-30.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237658">Emmanuel Grégoire. © Jgp</p></div>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> est favorable au triplement des locaux publics, notamment grĂące Ă la FonciĂšre Paris commerce, avec des loyers considĂ©rablement baissĂ©s, crĂ©ant un statut de « commerce essentiel » (commerces alimentaires, artisanat de service dans un rayon de 400-500 m). Elle est Ă©galement partisane de la prĂ©emption de baux commerciaux et mettra en place un fonds d’urgence 2026 pour Ă©viter les fermetures.</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> a soulignĂ© que Paris compte 7 500 locaux commerciaux municipaux (avec un taux de vacance infĂ©rieur Ă la moyenne parisienne). Il annonce un plan d’urgence pour le commerce et prĂ©conise une intervention immobiliĂšre renforcĂ©e, mais surtout de porter le combat au niveau europĂ©en contre « la prĂ©dation des plateformes qui dĂ©truit des secteurs entiers comme le textile, l’ameublement, les agences de voyages ». « Nous vivons une crise mondiale qui est un dĂ©sarmement, assez unilatĂ©ral, de nos Ă©conomies europĂ©ennes, en particulier face Ă la prĂ©dation et Ă la disruption de la chaĂźne de valeur de la distribution qu’imposent les plateformes », a-t-il dĂ©clarĂ©.</p>
<h2>Propreté : la ligne de fracture public-privé</h2>
<p><strong>Comment rendre Paris plus propre ? </strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo </strong>ou <strong>Thierry Mariani</strong> annoncent « 100 % de privatisation » de la collecte et du nettoiement, gĂ©nĂ©rant 730 millions d’Ă©conomies sur la mandature pour investir dans la mĂ©canisation, estime le candidat Horizons. Ce dernier Ă©voque, parmi ses propositions, des poubelles anti-rats avec capteurs de remplissage et robots intelligents pour le tri. « Dans ce domaine, le privĂ© fait mieux que le public, tous les rapports le dĂ©montrent », a-t-il soulignĂ©. La candidate de ReconquĂȘte promet Ă©galement la privatisation complĂšte, « avec une obligation de reprise de 70 % des 6 000 agents dĂ©diĂ©s » : « C’est 27 % moins cher et mieux fait, la Chambre rĂ©gionale des comptes le dit. »</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> veut privatiser l’intĂ©gralitĂ© de la collecte mais reste plus floue sur le nettoiement. Elle insiste sur la rĂ©organisation des circuits : « Aujourd’hui, c’est un problĂšme d’organisation. Une zone touristique n’a pas le mĂȘme mobilier urbain qu’une rue rĂ©sidentielle », souligne-t-elle. <strong>Thierry Mariani</strong> assume : « Je l’ai fait dans ma commune [ValrĂ©as, Vaucluse], le privĂ© fait mieux. »</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> dĂ©fend « l’Ă©quilibre en deux blocs » instaurĂ© par Jacques Chirac (moitiĂ© rĂ©gie, moitiĂ© privĂ©). « Tous les maires se sont posĂ© la question. Cet Ă©quilibre permet d’Ă©viter de fragiliser ce qui marche le mieux : le ramassage des ordures a un niveau de performance quasiment inĂ©galĂ© au monde », a-t-il soulignĂ©. De mĂȘme, l’ancien premier adjoint s’est inscrit en faux face Ă une tendance au Paris bashing, vĂ©hiculĂ©e par ceux qui dĂ©crivent une capitale Ă l’image dĂ©gradĂ©e : « Nous sommes devenus la premiĂšre place europĂ©enne d’investissement, a-t-il soulignĂ©. On peut toujours pleurer sur le lait renversĂ©, dire que tout va mal. Mais de fait, post-Brexit, le Grand Londres qui Ă©tait devant nous est passĂ© derriĂšre nous. Donc on a plein de problĂšmes, on a plein de dĂ©fauts, mais on a aussi d’immenses atouts. »</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> dĂ©fend la municipalisation intĂ©grale : « Ăa coĂ»te moins cher Ă la ville et c’est plus efficace. » Face aux rires de la salle : « Vous voulez de la propretĂ© mais vous ne voulez pas d’agents ? Pendant les JO, il y avait 160 agents supplĂ©mentaires, c’Ă©tait propre. Il en faut 300 en permanence. » Elle propose aussi des rĂ©gies de quartier au niveau des conseils locaux.</p>
<h2>Fiscalité : promesses de stabilité et rare baisse</h2>
<p><strong>Faut-il augmenter les impĂŽts et la dĂ©pense publique, ou rĂ©duire Ă la fois l’un et l’autre ? </strong></p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> promet que, sous son Ă©gide, il n’y aura pas d’augmentation d’impĂŽts, avec au contraire une baisse de la fiscalitĂ© financĂ©e par 4 milliards d’Ă©conomies (dĂ©bureaucratisation, passage aux 35 h, fin de la prĂ©emption, suppression de privilĂšges dont bĂ©nĂ©ficieraient les Ă©lus) et 3 milliards de recettes (dont la vente de 20 000 logements que la Ville possĂšde hors Paris). Il a exprimĂ© par ailleurs son opposition Ă l’harmonisation Ă la hausse de la cotisation fonciĂšre des entreprises que pourrait provoquer son transfert Ă la MĂ©tropole et une harmonisation Ă cette Ă©chelle, les taux parisiens Ă©tant parmi les plus faibles de l’agglomĂ©ration. « Il y a 22 directions et 42 directeurs Ă Paris aujourd’hui. Dans quelles collectivitĂ©s, quelles entreprises, on voit ça ? On a multipliĂ© les strates, les sous-directions et aujourd’hui, on a une dĂ©pense publique de fonctionnement qui augmente quand les dĂ©penses d’investissement baissent », a-t-il dĂ©plorĂ©.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> a une « mesure phare » en l’espĂšce : « c’est que la mairie dĂ©pense moins pour pouvoir taxer moins, pour que les entreprises et les mĂ©nages puissent gagner plus et investir plus ». Elle promet la division par deux de la taxe fonciĂšre pour tous (entreprises et mĂ©nages), la division par deux de la taxe d’enlĂšvement des ordures mĂ©nagĂšres (TEOM) et de balayage, ainsi qu’une restitution du « trop-perçu » issu de la hausse de 2023. Seule hausse qu’elle envisage, celle de la taxe sur commerces vacants spĂ©culatifs. « J’en ai assez que vous soyez des vaches Ă lait », a-t-elle lancĂ© en direction des chefs d’entreprise.</p>
<p><strong>Rachida Dati</strong> s’engage Ă©galement Ă ne pas augmenter les impĂŽts, Ă stopper toute nouvelle prĂ©emption (250-300 millions d’Ă©conomies par an), Ă rĂ©aliser des Ă©conomies sur le fonctionnement, et Ă procĂ©der Ă la vente de fonciers. Elle Ă©voque Ă©galement le recours aux contrats de partenariat public-privĂ© (PPP) pour les grands amĂ©nagements. « On n’a pas vocation Ă acheter de l’immobilier, des terrains, des commerces. On n’est pas en Ă©conomie administrĂ©e », estime-t-elle.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> ne s’inscrit pas dans une « baisse gĂ©nĂ©ralisĂ©e » des dĂ©penses publiques Ă laquelle elle prĂ©fĂšre, par exemple, la distinction, en matiĂšre d’aides Ă©conomiques, entre les entreprises selon la nature de leur capital : elle entend ainsi favoriser les entreprises dont le capital est dĂ©tenu par leurs dirigeants et non des fonds d’investissement. « Ăa fait 30 ans qu’on baisse les impĂŽts avec 111 milliards d’aides en 2023. Prouvez-moi que ça a servi l’emploi et le dynamisme Ă©conomique », a-t-elle lancĂ©.</p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> s’est engagĂ© lui aussi Ă ne pas augmenter les impĂŽts et taxes, notamment les droits de mutation Ă titre onĂ©reux (DMTO). « Nous sommes dans une situation absurde oĂč un maire n’a aucun intĂ©ressement fiscal Ă l’activitĂ© Ă©conomique. Il faut rĂ©former les finances locales », estime-t-il.</p>
<p><strong>Thierry Mariani</strong> est Ă©galement dĂ©favorable Ă toute augmentation d’impĂŽts, sauf celle de la taxe sur commerces vacants. Il promeut un plan de dĂ©sendettement « trĂšs strict » de 5 milliards sur la mandature.</p>
<h2>Dette : de la fiertĂ© Ă l’alarme</h2>
<p><strong>Paris est-il en situation critique au regard de sa dette ? Faut-il la réduire ? La stabiliser ? </strong></p>
<p><strong>Emmanuel GrĂ©goire</strong> dĂ©fend le bilan de Paris en matiĂšre de gestion de la dette : « La Ville n’a jamais adoptĂ© un budget en dĂ©ficit, c’est interdit », a-t-il indiquĂ©, faisant rĂ©fĂ©rence Ă la rĂšgle d’or imposĂ©e aux collectivitĂ©s territoriales, mais pas Ă l’Ătat, selon laquelle le secteur public local ne peut emprunter pour financer son fonctionnement. « La dette de Paris est passĂ©e de 1 Ă 9,3 milliards, mais les actifs de 20 Ă 47 milliards d’euros, souligne-t-il. Quand vous empruntez Ă des taux infĂ©rieurs au rendement des actifs, vous vous enrichissez. » L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo promet nĂ©anmoins de rééquilibrer le financement des investissements (75-80 % par autofinancement et cessions d’actifs non stratĂ©giques comme le Parc des Princes, contre un tiers par autofinancement, un tiers par cession d’actifs et un tiers par l’emprunt aujourd’hui). Il vise une Ă©pargne brute de 1,1-1,2 milliard en fin de mandature et une capacitĂ© de dĂ©sendettement (**) de 1 ans. « La dette de la ville a diminuĂ© quand j’Ă©tais adjoint aux finances », a-t-il indiquĂ©.</p>
<p><strong>Sarah Knafo</strong> sonne l’alarme : « 10 milliards de dette, un service de la dette de 500 millions d’euros par an, mais quelle contrepartie ? Place de la RĂ©publique Ă refaire, place de la Bastille Ă refaire… Un musĂ©e des horreurs budgĂ©taires. » Elle annonce 10 milliards d’Ă©conomies nettes sur dix ans : 3 milliards via la division par deux des effectifs (en tenant compte du turn-over naturel de 3 500 dĂ©parts/an et des embauches en police et petite enfance), 5 milliards en stoppant la politique fonciĂšre (prĂ©emption, Ă©coquartiers), 1 milliard sur les subventions aux associations « politisĂ©es ou qui favorisent l’illĂ©galitĂ© », plus un dĂ©sendettement via des ventes de fonciers de la Ville.</p>
<p><strong>Pierre-Yves Bournazel</strong> propose 7 milliards d’euros de marge rĂ©cupĂ©rĂ©s sur six ans (4 milliards d’Ă©conomies + 3 milliards de recettes) pour dĂ©sendetter, baisser la fiscalitĂ© et investir dans la sĂ©curitĂ©, la propretĂ©, la mobilitĂ©. Il promet « le projet le plus financĂ©, chiffrĂ© Ă l’euro prĂšs ».</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237657" style="width: 549px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-31.jpg"><img alt="" class="wp-image-237657" height="360" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-31.jpg" width="539" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237657">Emmanuel Grégoire. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237676" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-9.jpg"><img alt="" class="wp-image-237676" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-9.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237676">Pierre-Yves Bournazel. © Jgp</p></div>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237654" style="width: 552px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-34.jpg"><img alt="" class="wp-image-237654" height="362" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef-34.jpg" width="542" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237654">Thierry Mariani. © Jgp</p></div>
<p><strong>Rachida Dati</strong> critique sĂ©vĂšrement la gestion sortante (budgets « insincĂšres » avec vote puis gel, augmentation de 60 % de la taxe fonciĂšre sans amĂ©lioration des services) et veut stopper l’explosion du fonctionnement au profit de l’investissement via une sĂ©rie d’Ă©conomies (fin des prĂ©emptions, des subventions Ă certaines associations, non-remplacement partiel des dĂ©parts, application des 35 h, lutte contre l’absentĂ©isme) et recours au PPP.</p>
<p><strong>Sophia Chikirou</strong> ne chiffre pas d’Ă©conomies, prĂ©fĂ©rant parler d’investissements nĂ©cessaires pour l’adaptation climatique notamment.</p>
<p>Certains enjeux Ă©conomiques majeurs ont Ă©tĂ© marginalisĂ©s lors de ces dĂ©bats. La dimension mĂ©tropolitaine n’a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©e que par Emmanuel GrĂ©goire, qui mise sur « l’enseignement supĂ©rieur, la recherche et l’innovation pour faire de la rĂ©gion Ăle-de-France la premiĂšre rĂ©gion universitaire du monde » face Ă la « bataille mondiale de l’Ă©conomie de la connaissance ». Les autres sont restĂ©s sur le pĂ©rimĂštre parisien.</p>
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<p><em>(*) Pour favoriser la construction de logements, le PLU-b prĂ©voit que tous les projets de construction, de changement de destination, mais Ă©galement de restructuration dâimmeuble dâune surface de plancher supĂ©rieure Ă 5 000 mÂČ doivent compter au moins 10 % de logements dans leur programmation. Par ailleurs, un pastillage dĂ©signe 800 emplacements rĂ©servĂ©s : ce mĂ©canisme, qui nâest pas nouveau, permet Ă la Ville de grever des immeubles dâune servitude pour la crĂ©ation dâun certain pourcentage de logements, en particulier sociaux. A lâoccasion du dĂ©pĂŽt dâune demande dâautorisation dâurbanisme, le pĂ©titionnaire devra se conformer Ă lâobjet de la pastille.</em></p>
<p><em>(**) La capacitĂ© de dĂ©sendettement, ou ratio Klopfer, est la durĂ©e nĂ©cessaire pour rembourser le stock de dette si l’on y consacre la totalitĂ© de son Ă©pargne brute.</em></p>
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<div class="entry-content-infos">
<p><span class="entry-content-infos-title">Des milieux économiques « invisibilisés »</span></p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_237686" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef.jpg"><img alt="" class="wp-image-237686" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2026/02/Medef.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-237686">Charles Znaty et Bernard Cohen-Hadad. © Jgp</p></div>
<p>En introduction des dĂ©bats, Charles Znaty, prĂ©sident du Medef Paris, a insistĂ© sur le manque de concertation par la Ville des reprĂ©sentants des entreprises, qu’il estime « invisibilisĂ©es ». Le Medef Paris, rejoint par la CPME parisienne, a créé l’Institut du monde Ă©conomique pour pallier une autre carence soulignĂ©e par les patrons : le manque d’Ă©tudes d’impact avant les dĂ©cisions et d’Ă©valuation aprĂšs. « L’Ă©conomie doit ĂȘtre au centre du dĂ©bat », a estimĂ© le patron des patrons parisiens. Bernard Cohen-Hadad, prĂ©sident de la CPME Paris, a dressĂ© un tableau sombre de la situation parisienne, avec 130 000 habitants qui ont quittĂ© la capitale ces dix derniĂšres annĂ©es, une vacance commerciale record Ă 11 %, et 51 % des entrepreneurs qui envisageraient de quitter Paris. « 93 % des patrons jugent la derniĂšre mandature inefficace pour les entreprises, avec une note de 2,4 sur 10 », lance Bernard Cohen-Hadad, Ă©voquant une Ă©tude rĂ©cente sur le sujet. « Nous sommes attachĂ©s Ă la libertĂ© du commerce et de l’industrie, et Ă la libertĂ© d’aller et venir. Aujourd’hui, nos entrepreneurs ne peuvent plus se loger, et nos consommateurs ont du mal Ă venir dans nos Ă©tablissements », a estimĂ© le prĂ©sident de la CPME parisienne.</p>
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Model:
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