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Le Sigeif confie à Dalkia et Engie deux réseaux de chaleur géothermiques intercommunaux
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Le Sigeif a validé le 2 février l'attribution de deux délégations de service public pour l'exploitation de réseaux de chaleur intercommunaux dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines. « Une étape fondamentale pour le développement des réseaux de chaleur à gouvernance publique et locale », souligne Jean-Jacques Guillet, président du syndicat.
<p>Après le gaz et l’électricité, les réseaux de chaleur. Le Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité d’Ile-de-France (Sigeif), vient d’attribuer à Dalkia et Engie deux délégations de service public en vue de la création de telles infrastructures. « La présentation de ces deux projets au Comité d’administration marque une étape fondamentale pour le développement des réseaux de chaleur à gouvernance publique et locale », souligne Jean-Jacques Guillet, maire (LR) de Chaville et président du Sigeif, soulignant que le syndicat construisait « des projets ambitieux, solides et équilibrés, au service de la décarbonation des territoires ».</p>
<p>Ainsi Dalkia exploitera-t-il le réseau desservant Chaville, Sèvres, Ville-d’Avray et Viroflay, pour un linéaire de 50 kilomètres. Engie se voit confier le réseau couvrant Bailly, Bougival, La Celle-Saint-Cloud, Le Chesnay-Rocquencourt et Noisy-le-Roi, développé en coordination avec le Sey 78, sur 34 kilomètres. Les deux réseaux s’appuieront sur des unités de production géothermique implantées à Chaville et au Chesnay-Rocquencourt, puisant la chaleur à 1 500 mètres de profondeur dans la nappe du Dogger qui produit une eau à plus de 60 degrés.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_174651" style="width: 551px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2023/01/Jean-Jacques-Guillet.jpg"><img alt="" class=" wp-image-174651" height="361" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2023/01/Jean-Jacques-Guillet.jpg" width="541" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-174651">Jean-Jacques Guillet. © Jgp</p></div>
<p>Le réseau de Chaville produira 139 GWh par an avec 86 % d’énergie renouvelable, permettant d’éviter l’émission de 32 500 tonnes de CO₂ chaque année. Le réseau du Chesnay générera 125 GWh annuels avec 76 % d’énergie renouvelable et évitera 25 900 tonnes de CO₂ par an. Les investissements s’élèvent à 156 millions d’euros pour le premier réseau et 91 millions d’euros pour le second. Les chiffres d’affaires sur la durée des concessions atteindront respectivement 390 et 370 millions d’euros.</p>
<h2>Une mission de contrôle sur 30 ans</h2>
<p>Pour Christophe Provot, directeur général du Sigeif, ces attributions s’inscrivent dans la continuité des missions historiques du syndicat. « Le Sigeif a une histoire gazière, il s’occupe d’électricité depuis maintenant 40 ans et la compétence chaleur est dans nos statuts depuis 2013 », rappelle-t-il. « Nous allons donc en l’occurrence exercer le métier que nous avons toujours exercé : il consiste à contrôler au plan technique et financier l’exploitant du réseau. La seule différence, c’est que nous allons l’exercer non plus seulement sur le gaz et l’électricité, mais sur la chaleur et demain sur le froid ».</p>
<p>Contrairement au gaz et à l’électricité, où le Sigeif travaille avec des concessionnaires obligés (GRDF et Enedis), les réseaux de chaleur font l’objet d’une mise en concurrence entre divers acteurs, dont les principaux sont Engie, Dalkia, Idex et Coriance, filiale de la Caisse des dépôts. « Ce sont des concessions sur 30 ans qui garantissent un prix sur 30 ans », précise Christophe Provot. Un prix beaucoup moins exposé à la volatilité des cours de l’énergie, mais néanmoins révisable, puisque soumis aux variations du gaz et de l’électricité, pour une part, ces réseaux nécessitant un appoint énergétique représentant 14 % pour le réseau de Chaville et 24 % pour celui du Chesnay.</p>
<p>Les réseaux pourront alimenter aussi bien des bâtiments publics que des logements collectifs. Des pavillons pourraient également être raccordés, si l’étude de faisabilité qui doit être menée à ce sujet se révèle positive.</p>
<h2>Une ressource sous-exploitée en Île-de-France</h2>
<p>Ces deux projets s’inscrivent dans un contexte de développement de la géothermie en Île-de-France, alors que le sous-sol de la région, riche en eau chaude, demeure sous-exploité. Le directeur général du Sigeif souligne l’intérêt d’une approche intercommunale sur le sujet, encouragée par l’Ademe, plus encline à subventionner les projets réalisés à cette maille.</p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_203702" style="width: 550px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2024/05/2024-05-16-MATINEE-DES-ASSISES-DU-GRAND-PARIS-314.jpg"><img alt="" class=" wp-image-203702" height="360" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2024/05/2024-05-16-MATINEE-DES-ASSISES-DU-GRAND-PARIS-314.jpg" width="540" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-203702">Christophe Provot. © Anh de France</p></div>
<p>Christophe Provot relève néanmoins plusieurs points de vigilance pour les futurs projets. « Leur faisabilité sera déterminée par le niveau de subvention qui détermine par ricochet le prix de la chaleur », explique-t-il. « On voit bien qu’il y a de plus en plus de projets, donc il y a moins de subventions par projets », ajoute-t-il. Par ailleurs, ces réseaux de chaleur requièrent leur propre réseau, nécessitant des travaux d’ampleur sur la voirie. Ces projets marquent une évolution du modèle énergétique. « Avec le gaz et l’électricité, on avait un système péréqué à l’échelle nationale, ce qui n’est naturellement pas le cas à l’échelle intercommunale », observe Christophe Provot.</p>
<p>D’autres projets sont déjà à l’étude dans les Hauts-de-Seine, en Essonne et peut-être demain dans le Val-d’Oise, ouvrant un nouveau chapitre dans l’histoire du syndicat, vers une énergie toujours plus verte.</p>
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