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Émile Meunier : « Nous, les Verts populaires, allons tout faire pour que Paris reste à gauche »

ID:
https://www.lejournaldugrandparis.fr/?p=237085
Published Date:
2026-01-30 15:45:11
Updated Date:
2026-01-30 15:45:11
Author:
Jacques Paquier
Category:
75
Downloaded:
✓ Downloaded
at 2026-02-02 06:11:03
Created At:
2026-01-30 17:11:26
Updated At:
2026-02-02 06:11:03
Description:

Président de la commission urbanisme au Conseil de Paris et élu écologiste du 18e arrondissement, Émile Meunier justifie son ralliement à la liste LFI de Sophia Chikirou pour les municipales des 15 et 22 mars. Une décision motivée par des divergences programmatiques profondes, indique-t-il, avec la liste d'union de la gauche menée par Emmanuel Grégoire, notamment sur l'urbanisme, le logement et le modèle économique parisien.

Content:

<p><strong>Qu&rsquo;est-ce qui a motivé votre décision de rejoindre la liste de Sophia Chikirou alors qu&rsquo;il existe une union de la gauche dès le premier tour&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>Émile Meunier :</strong> C&rsquo;est justement cette union de la gauche qui a créé des difficultés pour nous. L&rsquo;écologie politique, en particulier à Paris, n&rsquo;a rien à voir avec la social-démocratie. Cela ne signifie pas qu&rsquo;on ne peut pas travailler ensemble, mais nous portons un véritable projet de rupture avec le système. Nous nous définissons comme un parti anticapitaliste et décroissant, et nous cherchons à remettre en cause le modèle de la ville libérale, comme vous avez pu le constater lors de différents combats urbains. En rejoignant la liste derrière Emmanuel Grégoire, nous prenions le risque de nous effacer et de ne plus pouvoir peser sur les vraies décisions importantes. Il y a d&rsquo;abord eu une réflexion de fond, puis le vote du budget par Emmanuel Grégoire nous a confirmé qu&rsquo;il existe deux options politiques à gauche véritablement différentes. Celle que nous défendons n&rsquo;est pas compatible avec un alignement derrière les socialistes au premier tour.</p>
<p><strong>Pouvez-vous donner des exemples concrets de cette incompatibilité programmatique&nbsp;?</strong></p>
<div class="wp-caption aligncenter" id="attachment_181450" style="width: 550px;"><a href="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2023/05/Meunier-3.jpg"><img alt="" class=" wp-image-181450" height="360" src="https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2023/05/Meunier-3.jpg" width="540" /></a><p class="wp-caption-text" id="caption-attachment-181450">Emile Meunier. © Jgp</p></div>
<p>Je pense notamment aux questions de spéculation et d&rsquo;urbanisme, que je connais bien. Nous voulons faire un maximum de place à la nature, aux parcs, aux jardins. Même si nous avons fait des progrès, nous continuons à construire à Paris, notamment de grands projets urbains comme Bercy-Charenton, Montparnasse ou la Gare des Mines. Il n&rsquo;y a clairement pas de volonté de remise en cause de ces grands projets, qui prévoient la construction de centaines de milliers de mètres carrés de bureaux supplémentaires.</p>
<p><strong>Pourtant, vous vous êtes félicité d&rsquo;avoir obtenu beaucoup dans le PLU bioclimatique récemment adopté, dont vous êtes l&rsquo;un des architectes, notamment ces 300 hectares d&rsquo;espaces verts. Doutez-vous qu&rsquo;ils soient mis en œuvre&nbsp;?</strong></p>
<p>C&rsquo;est précisément le problème. Nous avions obtenu cet objectif dans le PLUb, mais force est de constater que les moyens n&rsquo;ont pas été mis en œuvre et ne sont pas près de l&rsquo;être. Je parle des moyens techniques et financiers pour engager ce chantier du siècle. Créer 300 hectares d&rsquo;espaces verts nécessite une énergie, une expertise et des ressources considérables. Une fois le PLU voté, on est reparti comme avant, et c&rsquo;est inacceptable. Quand nous avons discuté avec Sophia Chikirou et les têtes de liste d&rsquo;arrondissement, nous avons passé des semaines à parler du projet avant même d&rsquo;évoquer les questions de places ou de stratégie. Nous nous sommes mis d&rsquo;accord sur ce que nous pouvions faire et comment le financer. Sur ces 300 hectares, je suis beaucoup plus serein sur leur mise en œuvre si Sophia et nous gagnons que si nous repartons comme avant. Nous nous sommes mis d&rsquo;accord sur 25 propositions écologistes fortes qui constituent les conditions de notre alliance.</p>
<p><strong>Quelles sont les mesures les plus emblématiques de votre accord&nbsp;?</strong></p>
<p>D&rsquo;abord, nous voulons modifier le plan local d&rsquo;urbanisme pour augmenter significativement les réserves d&rsquo;espaces verts et durcir la règle sur la pleine terre. Dès qu&rsquo;il y a un mètre carré de pleine terre, il sera sanctuarisé. Les choses ont certes été améliorées dans le PLU, mais ce n&rsquo;est pas suffisant. Deuxièmement, nous arrêterons de vendre le patrimoine parisien, à commencer par les actifs stratégiques comme le Parc des Princes. Je rappelle qu&rsquo;Emmanuel Grégoire prévoit non seulement de vendre le Parc des Princes, mais aussi de recouvrir le périphérique pour créer un immense PSG Land. En tant qu&rsquo;écologistes, nous ne pouvons pas suivre cela au premier tour. Nous réinternaliserons de nombreux marchés, notamment la collecte des déchets. Nous instaurerons un moratoire sur les grands projets de bureaux&nbsp;: Bercy-Charenton, Montparnasse, Porte de la Villette, Gare des Mines, Tati. Nous créerons une grande régie publique, un syndic municipal, qui ira chercher les propriétaires de logements vacants pour les remettre sur le marché en leur apportant les garanties et les conventionnements nécessaires. Il y a 272&nbsp;000 logements vides à Paris. Plutôt que d&rsquo;attendre un changement de loi, nous pouvons agir à notre échelle en allant chercher les propriétaires un par un et en les convainquant de remettre leur logement sur le marché. Ce sera le gros chantier de cette mandature. Enfin, nous créerons Énergie de Paris, sur le modèle d’Eau de Paris.</p>
<p><strong>En quoi consisterait cette régie énergétique&nbsp;?</strong></p>
<p>Paris deviendrait producteur de sa propre énergie verte, principalement par la géothermie mais aussi par les énergies renouvelables. Cette production pourrait se faire à Paris ou hors de Paris. Nous aurions notre propre source d&rsquo;approvisionnement et donc notre propre tarif, ce qui permettrait de faire baisser les prix et d&rsquo;amortir les chocs.</p>
<p><strong>Votre projet intègre-t-il une dimension métropolitaine&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous nous inscrivons dans un territoire qui s&rsquo;appelle le Grand Paris. Nous sommes tous pour un changement législatif clarifiant les rôles, mais en attendant, il faut augmenter les coopérations entre territoires pour penser Grand Paris. Ce sera dans le projet.</p>
<p><strong>Vous semblez reprocher à Emmanuel Grégoire une vision économique trop perméable aux intérêts des entreprises privées&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous avons besoin d&rsquo;entreprises privées, mais nous disons deux choses. Premièrement, arrêtons de faire du mètre carré de bureaux à Paris. En faisant cela, nous volons de l&#8217;emploi à la banlieue et augmentons le prix de l&rsquo;immobilier parisien. Nous provoquons la spéculation que nous prétendons combattre par ailleurs. Allons à la source&nbsp;: arrêtons ces projets de bureaux et transformons les bureaux existants soit en logements, soit en parcs.</p>
<p>Deuxièmement, changeons notre comportement vis-à-vis des grands groupes. Ce que j&rsquo;appelle la «&nbsp;LVMH-isation&nbsp;» de la ville, c&rsquo;est permettre aux grands groupes de faire ce qu&rsquo;ils veulent en matière de publicité ou d&rsquo;occupation de l&rsquo;espace public. Il faut restreindre cela au maximum et le faire payer à sa juste valeur. L&rsquo;affaire du Pont-Neuf, où nous avons fait payer à LVMH seulement 150&nbsp;000 euros pour dix jours de privatisation, est inacceptable. C&rsquo;est Emmanuel Grégoire qui a permis cela, et je ne suis pas certain qu&rsquo;il soit prêt à changer, car il a une vision d&rsquo;attractivité à tout prix. Mais cette attractivité se fait au détriment du reste de la métropole, alors que notre objectif doit être de partager la création de richesse à la source, pas seulement de redistribuer ensuite via la péréquation.</p>
<p>Je ne perçois pas non plus chez Emmanuel Grégoire la volonté de lutter contre le surtourisme. Il faut assumer que dans certaines zones, il y a trop de touristes. Il faut réduire les flux et partager le tourisme à l&rsquo;échelle de la région, pas faire venir tous les touristes à Paris.</p>
<p><strong>Vous prônez donc une politique municipale beaucoup plus volontariste, sans attendre de changements législatifs&nbsp;?</strong></p>
<p>Exactement.</p>
<p><strong>On ne manquera pas de vous reprocher d&rsquo;accroître les chances de victoire de Rachida Dati. Que répondez-vous&nbsp;?</strong></p>
<p>C&rsquo;est de la mystification. L&rsquo;union de la gauche doit se faire sous le format du Nouveau Front populaire, plébiscité par les électeurs de gauche. Le premier tour sert justement à offrir aux électeurs deux options&nbsp;: une gauche plus radicale, de rupture, et une gauche plus gestionnaire. C&rsquo;est aux électeurs de choisir le poids respectif de ces gauches au sein de la future majorité. Je n&rsquo;ai jamais compris cet argument de la peur de Dati pour justifier l&rsquo;union entre écologistes et socialistes au premier tour. C&rsquo;est à cela que sert un premier tour&nbsp;: savoir qui pèse quoi et quelle idée pèse quoi.</p>
<p><strong>Ni LFI ni les socialistes ne semblent souhaiter fusionner leurs listes au second tour. Que va-t-il se passer&nbsp;?</strong></p>
<p>Je ne suis pas d&rsquo;accord. Nous avons eu cette discussion à de nombreuses reprises avec Sophia Chikirou. Nous, les Verts populaires, allons tout faire pour que Paris reste à gauche. Sophia Chikirou l&rsquo;a dit et répété&nbsp;: «&nbsp;Je tendrai la main à Emmanuel Grégoire.&nbsp;» Pour l&rsquo;instant, je ne comprends pas le jeu qu&rsquo;il joue en disant&nbsp;: «&nbsp;Je ne m&rsquo;allierai jamais avec LFI, tant pis si nous ne gagnons pas la ville.&nbsp;» À un moment, il faut respecter les électeurs de gauche.</p>
<p><strong>Combien de personnes, outre Jérôme Gleizes et vous-même, ont rejoint ou vont rejoindre la liste&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous représentons 20&nbsp;% des places éligibles sur la liste LFI. Pour l&rsquo;instant, nous sommes une grosse dizaine d&rsquo;élus et de cadres, plus beaucoup de militants. Avec les Verts populaires, l&rsquo;idée est aussi d&rsquo;aller voir des associations peut-être plus éloignées des partis politiques. Grâce aux places obtenues dans notre accord avec LFI, nous pourrons proposer à de nouveaux profils d&rsquo;être élus. C&rsquo;est une excellente chose d&rsquo;un point de vue démocratique.</p>

🏷️ Named Entities

📍 Locations:
paris conseil de paris
👤 Persons:
émile meunier sophia chikirou emmanuel grégoire
🏢 Organizations:
les verts commission urbanisme
Processed: 2026-01-30 17:12:24
Model: flair/ner-french

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