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Quand la RATP teste une peinture magique pour mieux contrôler l’état de son matériel
https://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/quand-la-ratp-teste-une-peinture-magique-pour-mieux-controler-letat-de-son-materiel-11-01-2026-7BQSHP4KJNHQRDRM7CVBEZOJ2E.php
<p>Et si une peinture magique pouvait vous éviter de ramener et immobiliser votre voiture inutilement chez le garagiste pour la révision ? C’est, grosso modo, l’argument choc qui a permis à la start-up Touch Sensity de convaincre la RATP de tester sa technologie innovante.</p><p>Depuis quelques semaines, une rame de métro de la ligne 13 est parée d’un revêtement un peu spécial. À vue d’œil, les voyageurs n’ont probablement rien remarqué. Et pour cause : tout se joue sous le métro, là où personne n’a accès. Et c’est là tout l’intérêt de l’innovation imaginée par Touch Sensity, une start-up créée il y a six ans et basée en Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Gironde.</p><p>L’entreprise a créé un revêtement « intelligent ». « Cette peinture est capable de détecter, comme un capteur géant, toute la zone qu’elle recouvre. Elle est reliée à un boîtier qui analyse en temps réel les pressions, tractions, déformations, fissures, impacts et endommagements exercés sur le matériau », explique Mehdi El Hafed, directeur général de Touch Sensity. « C’est une peinture intelligente sensible, qui change ses propriétés fonctionnelles quand il y a un événement qui se produit », détaille Anna Pugach, la présidente de la start-up. « Pour d’autres clients, nous n’utilisons pas la peinture mais nous branchons directement le boîtier sur la pièce qui doit être surveillée », ajoute-t-elle.</p><p>Dans le cas de la RATP, la pose de la peinture était plus appropriée car elle permettait de surveiller une plus grande surface. Les données stockées dans le boîtier sont ensuite récupérées une fois le train arrêté. « L’avantage avec ce système, c’est que nos propres équipes peuvent lire les résultats. Il n’y a pas besoin d’avoir des ingénieurs qui vont retraiter de la data », souligne Éric Lohier, le responsable technique de l’unité ingénierie et projets de matériels roulants ferroviaires de la RATP.</p><img alt="Le boitier qui permet d'analyser la moindre fissure ou déformation perçue sur le bogie a été placé sous la rame du MF77. DR/Touch Sensity" height="1200" src="https://www.leparisien.fr/resizer/Z98FvYf4yvS74_jeh89Cg1B5eIY=/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/RLWREE6DHFAL7FDUVYVLYXJJVY.jpg" width="1600" /><p>La peinture et le boiter ont été posés le mois dernier sur le « bogie » d’un MF77, le modèle de métro qui circule sur la ligne 13. Le « bogie », c’est le chariot situé sous le train, un peu invisible puisque placé sous la caisse. Il comporte les roues, le moteur, les freins. « Il permet à la fois de rouler, freiner, faire traction. C’est une pièce majeure essentielle pour le train et que personne ne voit jamais », résume Éric Lohier.</p><p>Grâce à la peinture intelligente de Touch Sensity, la RATP garde ainsi un œil sur l’état de cette pièce en permanence. De quoi lui assurer en théorie un gain de temps et d’intervention. « Ce système de monitoring va nous permettre de surveiller le matériel quand le train est en exploitation et de savoir exactement à quel moment il faut l’envoyer en maintenance. Cela évite d’immobiliser le train et de prendre une voie d’atelier pour rien », explique le responsable technique de la Régie.</p><p>Touch Sensity n’en est pas à son coup d’essai dans le milieu ferroviaire. La start-up a ainsi déjà travaillé avec la SNCF et Alstom. « Nous avons plus de 25 clients en France et à l’étranger, dans le ferroviaire mais aussi l’aéronautique et l’automobile », précise la présidente de l’entreprise.</p><p>Si le test mené sur la rame de la ligne 13 s’avère concluant, les équipes des services techniques analyseront le coût et les bénéfices financiers que cette nouvelle technologie pourrait apporter à la RATP.</p><p>Le transporteur est en perpétuelle recherche de nouvelles technologies et trouvailles pour améliorer les performances du matériel utilisé sur le réseau. Il a même une branche dédiée à ça : le service innovation. C’est ce même service qui était parti à la recherche de nouveautés pour améliorer la qualité de l’air dans les transports en commun. C’est ainsi que les patins de freins du RER A ont tous été changés pour un nouveau modèle qui permet de réduire de 70 % les émissions de particules fines et améliorer ainsi la qualité de l’air.</p>