Entry Details
À la COP30, le Syctom fait valoir l’expertise francilienne de valorisation des déchets
https://www.lejournaldugrandparis.fr/?p=235416
Alors que la gestion des déchets reste largement absente des grandes négociations climatiques internationales, le Syctom, syndicat public chargé du traitement des déchets en Île-de-France, a montré au Brésil que ce sujet crucial faisait partie des préoccupations environnementales de nombreux pays. Sa participation en novembre à la COP30 de Belém a ainsi illustré la volonté de l’établissement de porter son expertise bien au-delà des frontières nationales.
<p></p>
<p>« Quand on pense climat, on ne pense pas spontanément déchets. Pourtant, la manière dont on traite les déchets a un impact direct sur le réchauffement climatique », rappelle Aurélie Principaud, directrice générale du Syctom, l’agence métropolitaine des déchets ménagers. Dans de nombreux pays, les déchets sont encore enfouis sans protection, entraînant pollution des sols et des nappes phréatiques, et émissions massives de méthane. « Les déchets non traités deviennent une source directe de gaz à effet de serre. Ne pas les gérer correctement, c’est contribuer au réchauffement climatique », souligne-t-elle. À l’inverse, la valorisation énergétique pratiquée en France permet de limiter ces émissions, tout en produisant une énergie de récupération intégrée aux réseaux urbains. « Notre participation à la COP30 avait pour objectif de promouvoir nos convictions, notre expertise et de prendre part à la diplomatie climatique », résume Aurélie Principaud.</p>
<p>La présence du Syctom à Belém s’inscrit dans une dynamique engagée depuis la COP21 de Paris en 2015, au cours de laquelle le syndicat avait déjà joué un rôle actif.</p>
<h2>Serbie, Philippines, Pakistan, Kazakhstan</h2>
<p>Depuis, il participe régulièrement à des événements internationaux et a contribué à la création il y a deux ans du Partenariat français des déchets, destiné à promouvoir l’expertise et la façon de faire de la France à l’étranger pour essayer de distiller les bonnes pratiques. L’AFD, l’Agence française de développement, fait appel au syndicat en tant qu’expert pour apporter des solutions adaptées aux besoins de divers pays dont la Serbie, les Philippines, le Pakistan ou encore le Kazakhstan.</p>
<p>Au Brésil, le Syctom a multiplié les échanges institutionnels, notamment avec des représentants de think tanks spécialisés comme Cebri – le centre brésilien de relations internationale – et l’Institut brésilien de l’économie circulaire (Ibec), avec lequel un protocole d’accord a été signé pour « porter ensemble une parole concertée dans des publications internationales et à l’occasion d’événements futurs », précise Aurélie Principaud. Des discussions ont également été engagées avec Cuba, dans l’objectif de les aider à réaliser des études pour savoir comment gérer au mieux leurs déchets. Pour autant, il ne s’agit pas de transposer mécaniquement le modèle français, notamment de valorisation des déchets en énergie, mais d’apporter de l’ingénierie.</p>
<h2>Adapter les solutions aux finances de chaque pays</h2>
<p>« L’idée n’est pas de dupliquer la solution européenne à l’étranger, mais d’adapter nos réponses aux réalités locales », insiste la directrice générale. D’autant que les contraintes financières, techniques et sociales varient fortement d’un pays à l’autre. Si l’enjeu au Brésil est d’arriver à récupérer le méthane issu des centres d’enfouissement, à Cuba se pose encore la question de savoir comment collecter les déchets pour éviter qu’ils ne soient dispersés dans l’environnement et enfouis dans des trous sans aucune protection. « Ce serait un leurre de penser qu’on peut traiter les déchets sans ressources financières. Les solutions doivent être simples, robustes et adaptées aux moyens locaux », explique Aurélie Principaud, rappelant que le budget annuel de fonctionnement et d’investissement du Syctom s’élève à 700 millions d’euros.</p>
<p>Au-delà des technologies, la directrice générale plaide pour une réflexion plus systémique sur la production de déchets. « Il n’y a pas d’autre solution que la réduction à la source », rappelle-t-elle, appelant aussi les industriels à prendre leur part de responsabilité. « Mais cela sera compliqué pour les pays émergents de renoncer à une forte croissance et donc à une forte production de déchets. Il faut repenser tout un système », préconise la directrice générale du Syctom.</p>
🏷️ Named Entities
Model:
flair/ner-french